Bruxelles Deux experts ont analysé la stabilité des bâtiments et sols suite à l’effondrement de voirie de la chaussée de Louvain.

Une grande majorité des 257 habitants évacués du quartier de l’ancienne gare de Saint-Josse a pu rentrer à la maison hier soir. Ils avaient été priés de quitter leurs habitations momentanément après les deux éboulements qu’avait subis la chaussée de Louvain jeudi.

Ce retour dans leurs différents domiciles fait suite aux rapports des experts indépendants qui se sont rendus sur place vendredi matin. La commune avait mandaté un spécialiste en stabilité avant de prendre une quelconque décision. "Bruxelles Mobilité a, dans le même temps, demandé une analyse des sols. La sécurité est prioritaire dans ce dossier", explique le bourgmestre de Saint-Josse, Emir Kir (PS).

La plupart des habitations ne craignent plus aucun risque. Par contre, huit maisons ont été jugées inaptes à accueillir leurs propriétaires ou locataires. Sept d’entre elles se trouvent dans la chaussée de Louvain et une autre dans la rue Wauvermans. Cela concerne au total 71 personnes. Les familles qui n’auraient p as trouvé de solution devraient recevoir l’aide de la commune. "Les experts ont constaté des dangers pour ces maisons. On applique le principe de précaution. On a déjà évité un drame. C’est presque un miracle", développe Emir Kir.

Les logements sociaux tout proches des immenses trous sont aussi sécurisés. C’est le cas également de la crèche se trouvant juste à côté de la Jazz Station. "La crèche devrait être opérationnelle, de nouveau lundi. C’est positif car la situation est difficile", déclare Emir Kir.

Il n’y a eu aucun blessé à déplorer chez les habitants du quartier. Du côté de Vivaqua, par contre, deux personnes l’ont été légèrement lors du deuxième éboulement jeudi. Elles travaillaient au moment des faits sur le premier effondrement. Les deux personnes ont pu cependant reprendre le travail dès hier. "Ce n’était pas très grave. Mais elles ont été choquées, c’est clair. Je pense que les événements le justifient", précise Marie-Eve Deltenre, porte-parole de Vivaqua.

Depuis hier, le périmètre de sécurité a été réduit. Il est délimité dans la chaussée de Louvain à l’intersection avec la rue du Carrousel jusqu’à la rue Joseph Dekeyn. Malgré tout, les déviations pour les navetteurs seront conservées. "On essaie d’éviter le trafic de transit. Nous conseillons aux gens de continuer à prendre les déviations. Elles seront d’ailleurs légèrement adaptées. Il ne faut pas encombrer le quartier. Ça sera aussi plus simple pour les habitants des environs de circuler ", détaille Camille Thiry, porte-parole de Bruxelles Mobilité.

C’est d’ailleurs l’organisme bruxellois qui coordonnera les travaux, la rue étant une voirie régionale. Aucun délai quant à la durée des travaux n’a encore été communiqué, même si l’on en saura sans doute plus lundi. Ce qui est certain, c’est que les opérations se dérouleront avec prudence. "Des sondes et des fouilles devront être systématiques pour éviter tout nouvel événement dramatique", justifie Emir Kir.

La première phase des travaux concerne les impétrants. Les trottoirs devraient ensuite être renforcés pour éviter tout problème. Les gros engins de chantier seront aussi proscrits le plus possible. En attendant, les conditions météorologiques d’hier n’auront pas rendu les choses faciles pour les nombreuses personnes présentes sur le terrain afin de régler le problème au plus vite.


Le SPA veut des auditions au parlement

Après les tunnels, ce sont les canalisations qui s’effritent en Région bruxelloise ! C’est pourquoi Jef Van Damme, chef de groupe SPA au parlement bruxellois, demande que des auditions se tiennent au parlement, à l’instar de ce qui s’était passé pour les tunnels. "Les égouts bruxellois sont vieux et souvent mal entretenus. Tout comme pour les tunnels, nous constatons que les investissements dans les infrastructures souterraines ne sont pas populaires et sont souvent reportés. De cette manière, il est très facile de faire des économies à court terme. Mais à long terme, les coûts sont élevés, et nous constatons même un impact sur la mobilité et la circulation ferroviaire", explique Jef Van Damme. Il plaide ainsi pour l’élaboration d’un programme d’investissements. "À présent, nous devons voir comment nous pouvons améliorer l’entretien de nos égouts ainsi que les investissements. Il faut également de la transparence quant à la collaboration complexe entre la Région, qui est compétente pour cette matière, les communes, qui sont propriétaires, et l’intercommunale Vivaqua", ajoute le social iste flamand qui interpellera la ministre Céline Fremault (CDH) sur cette problématique.