Bruxelles

Ce belge de 64 ans est poursuivi pour trafic d'armes.

La procureure fédérale a maintenu ses réquisitions, jeudi matin, devant la cour d'appel de Bruxelles, à l'encontre de Jacques Monsieur. Ce Belge de 64 ans est poursuivi pour trafic d'armes. En juin dernier, il avait été condamné par le tribunal correctionnel de Bruxelles à une peine de trois ans de prison ferme et à une amende de 300.000 euros. L'accusation avance que celui-ci a agi comme intermédiaire lors de nombreuses ventes de divers équipements militaires à des pays concernés par un embargo sur les armes. La procureure a débuté son réquisitoire, jeudi, dans le dossier concernant Jacques Monsieur, et le poursuivra vendredi. La défense plaidera ensuite.

Jacques Monsieur, âgé de 64 ans et originaire de Lot en Brabant flamand, est déjà bien connu des autorités belges mais aussi françaises et américaines, pour des faits de trafic d'armes.

Dans le présent dossier, la procureure estime qu'il est intervenu dans la vente, entre 2006 et 2009, d'une quantité importante de matériel de guerre à des pays concernés par un embargo sur les armes. Il est question de fusils automatiques, de chars d'assaut, d'hélicoptères, d'avions et d'autres équipements militaires envoyés à destination de la Libye, du Tchad, du Pakistan et de l'Iran notamment.

"Il est difficile de savoir ce qui a été négocié et ce qui a été perçu car tout est occulte", a débuté la procureure, précisant qu'il apparaît en tout cas que le compte bancaire de la compagne de Jacques Monsieur a servi de "compte de transit pour ses opérations à lui".

Selon la procureure, il ressort à suffisance de nombreux échanges d'e-mails que Jacques Monsieur a agi comme intermédiaire entre vendeurs d'armes et acheteurs basés dans des pays soumis à un embargo sur les armes.

"Il est en contact avec les fournisseurs, prévoit des conventions de vente avec une société écran basée à Curaçao, mais aussi, il cherche les financements. C'est ainsi qu'il suggère aux Mauritaniens un échange de fer pour financer leurs armes. Dans certains mails, il précise: 'le président de Mauritanie me contacte...' ", a exposé la magistrate.

La procureure a également évoqué des e-mails faisant mention de 200.000 fusils d'assaut à destination du Tchad, d'un char d'assaut pour le Pakistan ou d'une offre pour 10 millions de cartouches, sollicitée par une personne basée à Téhéran. Il est encore question de la fourniture de six avions C-137, équipés militairement, avec pièces détachées et des instructeurs pour former au pilotage de ces appareils.

En outre, "on peut constater que Jacques Monsieur est contacté par e-mail par un homme qui tente d'écouler sa marchandise de plusieurs Eurocopter (hélicoptères produits par Airbus, ndlr)", a ajouté la procureure.

Selon cette dernière, tout cela indique que, contrairement à ce que prétend le prévenu, il n'avait pas cessé ses activités dans le trafic d'armes.

Lors de son interrogatoire par la cour jeudi, Jacques Monsieur a maintenu la déclaration qu'il avait livrée lors du procès en première instance, à savoir qu'il ne vendait plus d'armes depuis le début des années 2000. Il a toutefois admis qu'il était alors encore régulièrement contacté par d'anciennes connaissances du milieu et qu'il les aidait parfois.

Jacques Monsieur, surnommé "the fox" ou "le maréchal", avait déjà été condamné aux Etats-Unis en 2010 dans un dossier lié à l'affaire Iran-Contra, qui concernait la vente illicite d'armes iraniennes à des groupes rebelles.

Son nom avait aussi été cité dans l'affaire Elf-Aquitaine. Il avait été soupçonné d'avoir livré, au nom de la compagnie pétrolière française Elf, des armes à Pascal Lissouba, alors président du Congo-Brazzaville, fin des années 1990, lors de la guerre civile congolaise.