Bruxelles Depuis 2008, Vivaqua n’a inspecté et analysé que 38 % du réseau bruxellois.

Comme annoncé dans La DH du 8 septembre dernier, le réseau d’égouttage en Région bruxelloise est en piteux état et doit d’urgence être rénové sous peine de connaître d’autres effondrements comme ceux vécus récemment, que ce soit sur la chaussée de Louvain à Saint-Josse ou dans la rue du Cornet à Etterbeek.

Cet épineux dossier s’est à nouveau invité sur la table de la commission Environnement au Parlement bruxellois ce mardi, suite à une interpellation du député Jef Van Damme (SPA). "Le sous-investissement du passé en matière de rénovation du réseau d’égouttage fait que la situation actuelle est très instable. Il faut, à mon avis, accroître la vitesse du renouvellement des égouts !", explique le député socialiste.

Et de fait, en 2008, Vivaqua a commencé l’état des lieux complet du réseau des égouts dans la capitale. Cet état des lieux comprend une classification en fonction du degré de détérioration et du risque d’effondrement, ainsi que des recommandations en matière de techniques de rénovation.

On apprend ainsi qu’au 30 juin 2017, Vivaqua a inspecté et analysé 728,5 km de réseau d’égouttage, c’est-à-dire 38,5 % du réseau total. "Sur ces 728,5 km, environ 164 km du réseau sont considérés comme étant en mauvais état, ou en très mauvais état", a affirmé Céline Fremault (CDH), ministre bruxelloise de l’Environnement.

Une situation que dénonce fermement Jef Van Damme, qui estime que la rénovation des égouts doit être réalisée de manière beaucoup plus rapide pour éviter de futurs effondrements. "Nous avons une vue que sur 38 % du réseau d’égouttage. On ne connaît donc pas l’état des 62 % restant, alors que des études sont en cours depuis 10 ans. Je trouve ça inquiétant, surtout quand on sait que le renouvellement des égouts se fait sur 20 ans, soit 20 km par an", s’étonne le député.

À ce rythme, la rénovation des égouts nécessite un investissement de 60 millions d’euros annuels. La facture totale sera ainsi de 1,5 milliard réparti sur 20 ans, comme déjà annoncé dans La DH. "Sur ces 60 millions, 8 millions sont consacrés aux réparations en cas d’incidents. Les 52 millions d’euros restants sont affectés à des travaux d’investissements purs. Évidemment, cette répartition peut être modifiée en cas d’incidents plus nombreux", conclut Céline Fremault.

Réaction

Céline Fremault (CDH),  ministre bruxelloise de l’Environnement: "Un héritage du passé"

"L’état du réseau d’égouts est un héritage d’une période passée où les gestionnaires communaux n’ont pas investi assez et à temps. Afin de ne pas altérer la mobilité dans la ville, il a été décidé d’étaler les rénovations sur 20 ans, à un rythme d’environ 20 km par an. Les techniques utilisées visent à atteindre une efficacité optimale tout en réduisant au maximum les nuisances pour les riverains."