Bruxelles Les trajets des bus 48 et 95 ont été modifiés à cause du piétonnier. Le PTB dénonce une dégradation du service public.

La mise en piétonnier des boulevards du centre et l’entrée en vigueur, le 29 juin dernier, du nouveau plan de circulation ont entraîné la modification des trajets d’une kyrielle de lignes de bus de la Stib. Ainsi, certains bus qui s’arrêtaient autrefois à De Brouckère ont désormais leur terminus à Gare centrale, ce qui entraîne de nouvelles ruptures de charge pour les usagers souhaitant se rendre dans le piétonnier de l’hypercentre.

Autre conséquence du nouveau plan de circulation : le site de l’hôpital César De Paepe situé rue des Alexiens n’est désormais plus desservi par les bus 48 et 95 qui font désormais un aller-retour dans la rue du Lombard où se trouve notamment le Parlement bruxellois. Seule la ligne de bus 86 qui emprunte la boucle de desserte locale autour du piétonnier s’arrête encore devant le centre hospitalier.

Alertée par le personnel de César De Paepe, la députée bruxelloise Claire Geraets (PTB) dénonce une dégradation du service public.

"Il est déjà grave en soi de réduire l’accessibilité en transports publics d’un hôpital. Mais ce qui aggrave la situation dans ce cas-ci, c’est que les patients du CHU Saint-Pierre atteints du cancer doivent se rendre sur le site César De Paepe pour leur chimiothérapie. Les personnes qui suivent un tel traitement sont souvent extrêmement fatiguées physiquement et psychologiquement. Marcher avec la nausée jusqu’à un arrêt de bus, ce n’est pas idéal. Les personnes en mauvaise santé ont été oubliées !", déplore la parlementaire, qui est aussi médecin dans une maison médicale à Schaerbeek.

Selon elle, la Ville de Bruxelles a conçu un piétonnier destiné avant tout aux touristes étrangers et ce, sans tenir compte des habitants. "César De Paepe est un hôpital public qui accueille des personnes démunies n’ayant pas d’autres choix que de se rendre à l’hôpital en transports en commun. En modifiant le trajet des bus 48 et 95 qui relient l’hôpital à des quartiers éloignés de Forest et Boitsfort, on leur rend la vie encore plus difficile. On dirait que l’on n’a même pas pensé à ces gens !", s’insurge la députée du parti d’extrême gauche.

Claire Geraets interpellera le ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet (SPA), à la rentrée parlementaire. Dans l’attente de la question écrite, celui-ci n’a pas souhaité réagir.