Bruxelles Les missions de reconnaissance et de contrôle ont été moins fréquentes, faute de personnel.

Faisant suite au tragique incendie de la tour Grenfell de Londres qui a fait au moins 80 morts en juin dernier, le député libéral Vincent De Wolf interpellait ce mardi la secrétaire d’État bruxelloise en charge du Siamu Cécile Jodogne (Défi) en commission Affaires intérieures sur les interventions de nos pompiers dans les immeubles élevés. "Est-ce que les pompiers bruxellois sont suffisamment préparés pour ce type de cas ?" , interrogeait Vincent De Wolf.

Dans sa réponse, la secrétaire d’État a fait part de soucis organisationnels en ce qui concerne les missions de reconnaissance et de contrôle relatif au plan d’action du Siamu pour les incendies dans les bâtiments élevés. En effet, les visites topographiques réalisées dans le cadre de ce plan d’action en vue d’établir un état des lieux de ces bâtiments se font plus rares.

"Ces missions ont été moins fréquentes car elles mobilisent des moyens humains qui sont aujourd’hui insuffisants au Siamu. Heureusement, cette situation difficile est petit à petit résorbée grâce notamment au recrutement de 11 officiers en 2017 et au renforcement du service prévention. Le nombre des visites topographiques réalisées va donc pouvoir progressivement augmenter", a assuré Cécile Jodogne.

L’édile amarante a également tenu à rappeler que, de manière générale, le Siamu constituait un inventaire des objets à risque de la Région bruxelloise sur base notamment des visites de prévention et des rapports d’intervention. Pour certains de ces objets à risque pour lesquels cela est jugé nécessaire, des plans préalables d’interventions (IPI) sont réalisés. Il en existe actuellement 300 et 50 sont en cours d’actualisation.

Revenant sur le cas de Londres, où les matériaux utilisés pour rénover la façade semblent avoir joué un rôle dans la rapide propagation du feu, Cécile Jodogne a déploré le fait que l’avis du Siamu n’était pas demandé en cas de modifications apportées aux façades s’il ne s’agit que d’isolation.

"Néanmoins, si un maître d’ouvrage sollicite l’avis du Siamu dans le cadre de bâtiments élevés, ce dernier mentionne de n’utiliser que de l’isolant non combustible. Il n’existe toutefois pas de prescription légale pour effectuer un contrôle par la suite. Nous sommes d’ailleurs en faveur d’une réglementation à ce sujet mais c’est une matière entrant dans le champ de compétence du fédéral", poursuit Cécile Jodogne, qui a précisé qu’une visite auprès des pompiers londoniens avait été programmée prochainement afin de bénéficier de leur retour d’expérience.

Combattre le feu en 3D

En vue de mieux former les pompiers, notamment à la lutte contre les incendies dans les grands immeubles et les feux de forêt, la Région bruxelloise étudie la possibilité d’utiliser des simulateurs tactiques d’exercice, tel que celui utilisé par l’école d’application de la sécurité civile de Valabre, en France. "Ce système de réalité virtuelle intègre des exercices qui permettent de mettre les pompiers en situation réelle mais sur base de vidéos en 3D. C’est un projet pertinent qui permet de pouvoir intervenir comme si on était dans la réalité. Évidemment, cela ne dédouane pas les pompiers de suivre une formation de base pour apprendre les gestes à poser face aux flammes", a expliqué la secrétaire d’État en charge du Siamu, Cécile Jodogne (Défi).