Bruxelles L'association réclame une solution de la Ville pour passer l’hiver à l’abri.

C’est dans une ambiance musicale que la Voix des sans-papiers, un collectif venant en aide aux personnes en séjour illégal, s’est approprié un ancien hôtel en plein cœur de Bruxelles, ce mercredi après-midi.

Depuis fin juillet ils occupaient un bâtiment privé, réquisitionné par la commune d’Etterbeek suite à leur occupation forcée d’un bâtiment communal. “Nous avons visité le bâtiment communal et nous avons constaté qu’il était impropre au logement. J’ai donc pris un arrêté de réquisition d’un bâtiment privé jusqu’au 14 septembre. Il était convenu depuis le début qu’ils ne pourraient pas rester au-delà de cette date car le propriétaire veut entreprendre des travaux”, a expliqué le bourgmestre d’Etterbeek, Vincent De Wolf (MR).

“Nous n’imaginions pas que c’était possible. C’est le genre de décision qui est prise quand il y a une catastrophe et qu’il faut reloger des gens. Nous savions que c’était temporaire et nous nous étions engagés à partir”, explique Violaine, avocate de formation et qui soutient le collectif depuis qu’ils ont fait appel à elle il y a six mois. Faute de moyens physiques et financiers, le bourgmestre a fait savoir qu’il ne pouvait pas offrir une solution alternative à plus long terme.

C’est donc à Bruxelles-Ville que le collectif tente désormais de trouver une solution plus pérenne. Environ 80 sans-papiers entourés de dizaines de personnes venues les soutenir ont marché en cortège de la place Sainte-Catherine jusqu’à leur nouveau toit, le tout accompagné d’un orchestre et en faisant du bruit. “C’est la 6e fois en un an qu’ils sont expulsés et qu’ils doivent changer de lieu, raconte Violaine, en faisant savoir à tous que nous occupons un bâtiment vide, nous voulons envoyer un message fort.” Pour Serge Noël, président de SOS Migrants, il faut arrêter de se cacher. “L’hiver approche, il devient urgent de trouver une solution à moyen terme et de trouver un bâtiment dans lequel nous pourrons passer l’hiver”, ajoute Violaine.

Selon l’avocate, rien n’interdit d’occuper un bâtiment vide mais le propriétaire ne restera pas sans rien faire. La seule solution pour les déloger est de passer devant le juge et cela peut prendre du temps. Du temps utilisé par la Voix des sans-papiers pour trouver une solution durable. “Nous avons entamé la discussion avec la Ville de Bruxelles qui n’est pas opposée à cette occupation et qui s’est dite ouverte à envisager une réquisition”, a déclaré Serge Noël. La situation sera analysée calmement et aucune décision ne sera prise avant de recevoir l’avis du propriétaire de l’hôtel, a fait savoir la Ville.