Bruxelles Cette ASBL d’aide aux sans-abri dispose de locaux neufs depuis 6 mois, et compte sur un subside régional pour perdurer.

Depuis le début du mois d’avril, l’ASBL DoucheFlux dispose de locaux flambant neufs à proximité de la gare du Midi pour développer ses activités. Ce service d’accueil de jour met à disposition des personnes en situation de grande précarité un tas d’infrastructures, que ce soit des douches, des lavabos, des toilettes, des urinoirs, un salon lavoir et des consignes.

Dans le cadre du plan Hiver (voir ci-contre), l’ASBL s’est vu octroyer un subside lui permettant d’engager 2 éducateurs spécialisés à temps plein et un assistant social pour la période du 15 novembre au 31 mars afin de remplir ses missions. Des missions qui sont toujours plus nombreuses suite notamment à l’afflux de migrants qui fuient le parc Maximilien à cause des "rafles policières" dénoncées régulièrement par les associations, et qui se rendent souvent chez DoucheFlux.

En revanche, l’avenir de l’ASBL après l’hiver est plus sombre et le président de l’ASBL compte bien sur un soutien de la Région afin de pérenniser leur action. "À moyen terme, nous sommes sereins car nous rentrons totalement dans les critères déterminés par la future ordonnance régionale pour l’agrément des centres d’accueil de jour", explique Laurent d’Ursel, le président de DoucheFlux.

"Le problème, c’est la jonction entre le mois de janvier-février, lorsque l’on arrivera au bout de nos réserves financières, et le moment où on percevra effectivement les subsides, ajoute Laurent d’Ursel. Cette période transitoire sera cruciale car nous avons 4 salaires à payer, mais nous devons également maintenir nos services et activités de jour car en plus des sanitaires, nous avons un tas d’activités comme les maraudes, un jeu de société sur la vie dans la rue ou le DoucheFlux Magazine qui est un outil de sensibilisation du grand public à la problématique de la grande pauvreté."

Mais l’espoir demeure toutefois pour les membres de cette ASBL. "Nous avons introduit un dossier d’initiative auprès de la Cocom en mars dernier, resté sans réponse jusqu’à aujourd’hui. Ce dossier d’initiative permet aux ministres compétents de soutenir financièrement des centres de jour, faute de cadre juridique existant actuellement. C’est donc un moyen de pallier le manque de structure juridique dans l’ancienne ordonnance pour les centres de jour. Ces centres reçoivent donc systématiquement une aide régionale pour subsister. Or, dans le cas de DoucheFlux, il n’est pas sûr que notre dossier soit accepté. Ce serait une aberration qu’une structure comme la nôtre, reconnue dans le milieu de la grande précarité, doive fermer. Ce serait tragique", conclut Laurent d’Ursel, qui dit toutefois garder espoir.

Près de 1.000 lits pour le plan Hiver

Le plan Hiver pour personnes sans-abri débutera à la mi-novembre. Le Samusocial est en effet mandaté par les autorités régionales pour l’ouverture de 600 places hivernales qui s’ajouteront aux 388 places ouvertes toute l’année dans les différents centres, à savoir 220 places dans les centres d’accueil d’urgence de la rue du Petit Rempart et du boulevard Poincaré, 130 places dans le centre familles de Woluwé et 38 places dans le centre MediHalte. Les 600 places hivernales seront réparties dans deux centres d’accueil : 300 places dans le bâtiment situé rue Royale, mis à disposition par le CPAS de Bruxelles et 300 places en complément des 110 places déjà ouvertes dans le bâtiment mis à disposition par la Région, situé boulevard Poincaré, qui hébergera donc jusqu’à 410 personnes chaque nuit.