Bruxelles

La proposition des libéraux visant à instaurer un service minimum à la Stib est vivement critiquée par le PS et Ecolo.

Le chef de groupe MR au Parlement bruxellois Vincent De Wolf a annoncé que son groupe déposerait, dans les prochaines semaines, une proposition d’ordonnance visant à instaurer un service minimum à la Stib. Les libéraux espèrent ainsi concrétiser ce qu’ils sont en passe d’obtenir au Fédéral pour la SNCB et en Wallonie pour les TEC. Mais comme le MR siège dans l'opposition à la Région bruxelloise, il aura besoin du soutien d'autres partis comme le CDH et Défi pour faire passer cette loi.

Une chose est certaine: les écologistes et les socialistes n'apporteront pas leur soutien à ce texte. Pour la députée bruxelloise Céline Delforge (Ecolo), cette proposition revient à créer des problèmes là où il n'y en a pas. "Il n'y a quasiment aucune grève à la Stib en dehors des mouvements nationaux auxquels il est bien normal qu'une partie des affiliés décident de se joindre. Faire ce type de proposition aujourd'hui revient quasiment à provoquer des tensions sociales au sein de la Stib!"

Même son de cloche au PS. "C'est une sortie purement opportuniste. Le MR qui manque d'idées sur Bruxelles se calque sur ce qui se passe en Wallonie. Proposer un service minimum a la Stib alors qu'il existe un protocole de conciliation permettant d'éviter les grèves qui fonctionne très bien, cela démontre une méconnaissance du terrain et de la Stib. Ces dix dernières années, on peut compter sur les doigts d'une main les mouvements de grogne liés aux conflits internes de l'entreprise. Il faut arrêter d'opposer les travailleurs aux usagers", déclare Ridouane Chahid (PS).

Tant du côté d'Ecolo que du PS, on explique qu'il existe déjà, dans les faits, une sorte de service minimum à la Stib. "Lors des grèves nationales, la Stib garde un réseau minimum. Ce n'est clairement pas un service cinq étoiles, mais la Stib réfléchit aux lignes à maintenir pour tenter de couvrir tant bien que mal le territoire", estime Céline Delforge.

"En fait, il n'y a pas de piquet de grève ni d'obstruction au travail à la Stib. Ceux qui veulent prendre leur service le font et donc il y a toujours quelques lignes qui roulent, même lors des grèves générales", poursuit Ridouane Chahid.

Selon les Verts, la proposition des libéraux est idéologique. "Comme si les Stibiens étaient des gens sans foi ni loi alors qu'ils sont nombreux à être passionnés par leur boulot. Cela donne l'impression qu'ils font des grèves intempestives alors que ce n'est pas du tout vrai. C'est à la fois insultant et provoquant", conclut Céline Delforge.

Du côté du CDH, on explique soutenir le principe du service minimum tout en précisant qu'une ordonnance n'est pas nécessaire dans le cas de la Stib. "Force est de constater que cela existe déjà dans les faits, grâce à une position responsable des syndicats à la Stib: pas de grève pour le moindre petit désaccord, et pas d'empêchement par des piquets de ceux qui veulent travailler. Résultat, il y a une sorte de service minimum à la Stib, comme on l'a vu hier encore, où les lignes principales étaient désservies. Mais si un jour ce sens des responsabilités des syndicats et cette écoute de la direction disparaît, alors il faudra peut-être aussi passer par une décision du gouvernement", résume Laurent Hacken (CDH), administrateur à la Stib.

Pour rappel, la dernière grève propre à la Stib qui a touché l'ensemble du réseau remonte à l'agression mortelle du superviseur de la Stib Iliaz Tahiraj,en avril 2012. À l'époque, l'arrêt de service avait duré trois jours.