Bruxelles Toujours pas de solutions en vue pour le financement du Centre d’appui bruxellois (CAB).

Ce n’est pas la première fois que la survie du Centre d’appui bruxellois (CAB) est menacée. Ce centre chargé de la guidance et du traitement d’auteurs d’infractions à caractère sexuel doit sans cesse se battre pour continuer à fonctionner. Ce vendredi matin encore, Jamal Ikazban (PS), député bruxellois, a tiré la sonnette d’alarme. "C’est une grave erreur de réduire les moyens financiers d’une telle structure", déplore-t-il. Le Centre d’appui a un rôle primordial dans la chute du nombre de récidives des délinquants sexuels. Le taux passe de 27 % à 7,9 % quand ils sont suivis par le CAB.

Deux autres structures équivalentes existent en Belgique, l’une en Région wallonne et l’autre en Région flamande, mais leur pérennité n’est pas autant remise en cause car elles bénéficient d’autres sources de financement que les rentrées fédérales. Et c’est bien là que le bât blesse. Le fédéral, par la voix du ministre de la Justice Koen Geens (CD&V), rabote le montant des subventions destinées au CAB. Pour Jamal Ikazban, cela est "scandaleux".

En 2016, la ministre chargée de la politique de la Santé à la Cocof, Cécile Jodogne (Défi), avait débloqué 40.000 € pour permettre au centre de continuer ses activités d’évaluation et d’orientation des auteurs d’infractions à caractère sexuel. Mais cela était exceptionnel et depuis lors, aucune solution sur le long terme n’a pu être trouvée. Cette même année, Cécile Jodogne avait aussi écrit au ministre de la Justice en précisant, entre autres, que "les budgets bruxellois n’ont pas vocation à remplacer les désinvestissements politiques du fédéral." Lettre restée sans réponse. 

Aujourd’hui, l’ASBL est toujours structurellement sous-financée. Sa subvention a été rabotée de 20 % sans avertissement et depuis, le CAB a été obligé de demander des emprunts bancaires pour financer les salaires. De plus, les 2,3 équivalents temps plein (quatre personnes) sont débordés par la charge de travail. Seul point positif au tableau, le cabinet du ministre de la Justice veut "assurer que le CAB reçoive ses financements pour continuer le travail" et il s’est engagé à ne plus procéder à des économies tant qu’un accord n’aura pas été trouvé avec les entités fédérées.