Bruxelles Les cinquante travailleurs n’ont pas été payés et ont décidé d’occuper le bâtiment.

Suite mais pas fin des mésaventures aux Armes de Bruxelles, le célèbre restaurant de la rue des bouchers. Ce jeudi, le personnel a entamé une grève. Les cinquante travailleurs réclament leur salaire impayé. Hier à 18h, un huissier est venu sur place constater la grève mais aucun interlocuteur de la direction ne s’est présenté aux travailleurs.

Depuis le rachat de l’établissement, en juin dernier, par l’homme d’affaire Aldo Vastapane, les tensions sont palpables. Ce n’est pas la première fois que les travailleurs se mettent en grève. Il y a quelques semaines neuf licenciements étaient annoncés et la situation semblait déjà intenable. Christian Bouchat, secrétaire régional de la FGTB pour l’horeca bruxellois parlait d’une "gestion catastrophique de la nouvelle direction".

Trois procédures en référé sont actuellement devant le Tribunal du Travail. "Une première pour obtenir toutes les informations légales que les travailleurs sont en droit d’attendre dans ce type de situation", concernant l’identité exacte du repreneur, le projet que poursuit l’établissement, etc. La deuxième procédure en référé concerne "la comptable de l’entreprise, à qui l’on a retiré tout son travail et qui demande donc à pouvoir remplir sa fonction contractuelle", explique le secrétaire régional.

Une troisième procédure concerne le contrôle du tronc, un système qui ne permet pas à l’employeur de détourner de chiffre d’affaires, car il peut être contrôlé par un travailleur désigné. "Nous soupçonnons de la fraude. Nous avons demandé des vérifications mais nous n’avons plus accès au chiffre d’affaires global", explique Pascal Van Rymenant, délégué syndical.

L’histoire va encore plus loin puisque le propriétaire des murs, Aldo Vastapane, aurait vendu le fonds de commerce à une société fiduciaire luxembourgeoise, sans capital apparent. C’est bien cette société qui serait la responsable du paiement des salaires pour l’avocat des Armes de Bruxelles, société immobilière appartenant à Aldo Vastapane. Or, selon le secrétaire régional, les tickets TVA remis aux clients sont toujours ceux des Armes de Bruxelles, les feuilles de salaire sont émises par le secrétariat social mandaté par la société immobilière, "et les salaires, quand ils étaient payés, l’étaient par une société du Groupe Vastapane".

Aujourd’hui, les travailleurs et la FGTB dénoncent des pratiques nébuleuses et incompréhensibles. Pascal Van Rymenant confirme que la grève se poursuivra jusqu’au versement des salaires.