Bruxelles À partir de 2018, des bus 100 % électriques avec des technologies de rechargement différentes seront testés sur le réseau de la Stib.

Présent au congrès de l’Union internationale des transports publics (UITP) qui se tient actuellement à Montréal, le directeur général de la Stib a tenu à souligner les avancées réalisées en matière d’électrification du réseau de bus de la Stib. "Nous en parlions énormément au même congrès, il y a deux ans, à Milan. Aujourd’hui, cela devient une réalité à Bruxelles avec trois marchés d’acquisition qui seront prochainement attribués", a déclaré Brieuc de Meeûs.

En effet, le gouvernement bruxellois a récemment validé le choix des quatre lignes sur lesquelles seront effectués les premiers tests de bus électriques à l’horizon 2018. Pour rappel, la Région s’est engagée à évoluer progressivement vers une flotte 100 % électrique en 2030. Durant cette transition, une dernière commande de 235 bus hybrides alimentés en partie au diesel sera passée et les tests de véhicules entièrement électriques seront menés en parallèle.

Pour chaque technologie, une ou plusieurs lignes ont été sélectionnées. Ainsi, les bus articulés roulant avec la technologie dite de l’opportunity charging circuleront sur la ligne 64 qui relie aujourd’hui les arrêts Porte de Namur et Machelen. Cette technologie signifie que le véhicule se réapprovisionne en électricité à plusieurs moments de la journée, ce qui implique d’avoir des points de recharge sur le parcours.

Il fallait donc sélectionner une ligne de longueur modérée avec des terminus situés hors du centre historique pour les équiper d’une sous-station électrique et d’un mât de rechargement dont l’esthétique n’est pas toujours acceptable selon les standards bruxellois. Dans le Plan Bus, le terminus nord est fixé au dépôt de Haren qui sera équipé en bornes de recharge.

Les bus standard avec la technologie overnight charging rouleront quant à eux sur deux lignes, à savoir la ligne 13 qui reliera à l’avenir l’UZ Jette à Étangs Noirs et la future ligne de bus 37 qui connectera la gare de Linkebeek à la place Albert. Pour cette technologie, le chargement des bus s’effectue exclusivement au sein du dépôt d’attache. Si la charge lente qui est effectuée la nuit est une solution préférentielle, la charge rapide de jour sera sans doute nécessaire au regard de la maturité actuelle de cette technologie. C’est notamment la proximité avec le dépôt Jacques Brel, potentiellement transformable, et la topologie des lignes qui sont entrées en ligne de compte dans ce cas-ci, la circulation de bus propres et silencieux dans des quartiers résidentiels étant jugée plus bénéfique pour les habitants.

Enfin, des citybus également de type overnight charging devraient être mis sur le pavé dès avril 2018 dans l’hypercentre de Bruxelles avec un parcours reliant le haut (Louise) au bas de la ville (Nouveau Marché aux Grains) en passant par des lieux emblématiques tels que le Sablon ou la Bourse.

D’une longueur d’environ 10 mètres et d’une capacité de 40 voyageurs, le citybus et son gabarit réduit se prêtent bien à la circulation dans les petites rues du centre et aux flux de piétons importants. Le nombre de ces minibus à acquérir demeure encore inconnu pour l’instant car celui-ci dépendra de l’autonomie promise par les constructeurs.

Des caméras thermiques pour détecter les intrusions

Outre le matériel roulant, les nouvelles technologies liées au ticketing ou à la sécurité sont également présentes au sommet de l’UITP. L’occasion de découvrir en avant-première les futures caméras thermiques qui seront peut-être prochainement installées sur le réseau de la Stib pour éviter les intrusions dans les tunnels de métro et de prémétro. La décision d’installer des caméras intelligentes avait été prise au lendemain des attentats de Paris, a indiqué le ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (SPA). Leader mondial dans la fabrication et la commercialisation de système d’imagerie thermique, la société belge Flir a répondu à l'appel d’offres. Contrairement aux caméras classiques, les capacités des caméras thermiques ne sont pas affectées par l’obscurité totale, le brouillard ou la fumée. En se basant sur de subtiles différences de températures, les caméras de Flir détectent immédiatement les personnes ou les animaux s’introduisant sur les voies. Un signal peut ensuite être envoyé directement au dispatching pour que les mesures adéquates soient prises. Ces caméras thermiques permettent également de détecter les départs de feu plus rapidement que les détecteurs de feu traditionnels.

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