Bruxelles

Un accueil de jour permettra au personnes présentes de se laver, de nettoyer leurs vêtements, de disposer d'un repas chaud, de se reposer, de bénéficier d'une consultation médicale.

Le gouvernement bruxellois a inscrit dans son projet de budget pour l'an prochain, un montant de 5 millions d'euros destiné à la création d'un centre intégré de traitement des dépendances. Celui-ci devrait ouvrir ses portes dans la zone du Port de Bruxelles d'ici 2023, a indiqué le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort, au cours d'un entretien avec l'agence Belga. Pour celui-ci, la question des drogues doit être examinée sous l'angle de la santé publique et non uniquement d'un point de vue répressif. Concrètement, le projet prévoit la création d'une structure d'accès gratuite et anonyme qui proposera différents services assurés par une équipe multidisciplinaire.

Ainsi, un accueil de jour permettra au personnes présentes de se laver, de nettoyer leurs vêtements, de disposer d'un repas chaud, de se reposer, de bénéficier d'une consultation médicale.

Un accueil dit «d'urgence» d'une durée maximale de 12 jours permettra aux personnes d'être suivies, de se stabiliser dans leur consommation, d'être orientées vers des services hospitaliers, de réaliser des démarches administratives avec l'aide du personnel du centre pour éventuellement faire des démarches de réinscription.

Sont également au programme, du logement avec un programme spécifique d'une durée de six mois maximum et un comptoir d'échange destiné à la réduction des risques. Les usagers de drogues pourront y remettre leurs seringues ou autre matériel de consommation et recevoir, en retour, du matériel stérile gratuitement, ce qui permettra de limiter la transmission de bactéries et de maladies.

Le ministre-président bruxellois fonde le projet, notamment sur l'expérience du Portugal, où la consommation de drogues, décriminalisée depuis l'an 2000, a depuis lors diminué au grand étonnement de certains, et où le nombre de réseaux criminels s'est réduit. M. Vervoort s'est d'ailleurs rendu à Lisbonne pour examiner la situation sur place.

Le centre devrait devrait ouvrir ses portes en 2023. Le cahier des charges en vue de sa construction devrait être élaboré l'an prochain, et l'architecte désigné en 2020, avant l'attribution du marché. La Ville de Bruxelles, la zone de police de Bruxelles et le parquet sont associés au projet.

Il sera fait appel à du personnel de l'ASBL Transit, laquelle gère un centre de crise pour les toxicomanes, ainsi qu'à du personnel supplémentaire, en fonction des besoins. Selon Rudi Vervoort, à travers l'ASBL Transit, des partenariats se construisent également avec des hôpitaux, notamment l'hôpital Saint-Pierre afin d'inscrire le public du futur centre dans une véritable trajectoire de soins.