Bruxelles Le nombre de délits enregistrés en 2016 est en diminution suite à des contrôles accrus dans la capitale.

Vols, détention de produits stupéfiants ou d’armes, ivresse, etc. Chaque année, la police dresse quantité de procès-verbaux dans les transports en commun en région bruxelloise. Ainsi, en 2016, ce sont 8.796 faits criminels qui ont été enregistrés, selon des chiffres communiqués par le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (NVA) en réponse à une question du député fédéral Gautier Calomne (MR).

Le plus grand nombre de délits a été commis dans les gares (2.928 faits), suivies par les stations de métro (2.206 faits) et les trains (689). Mais on enregistre toutefois une diminution du nombre de faits depuis 2014, où 12.807 faits étaient enregistrés.

Une diminution qui s’explique par des contrôles renforcés dans les transports publics depuis la mort d’Iliaz Tahiraj, un superviseur de la Stib qui est décédé après avoir reçu un coup de poing en avril 2012 alors qu’il procédait aux constatations d’usage après une collision entre un bus et une voiture. À la suite de ce tragique accident, Joëlle Milquet (CDH), alors ministre de l’Intérieur, avait mis en place une force policière opérationnelle "sécurité dans les transports en commun" visant à doter les zones locales de davantage de soutien policier (voir ci-contre).

"La sécurité dans les transports en commun est une priorité de notre plan zonal de sécurité. Ainsi, depuis l’instauration de la task force , nous avons 23 policiers qui sont en permanence affectés à la sécurisation des transports en commun, explique Michaël Jonniaux, chef de corps de la zone de police Montgomery (Etterbeek, Woluwe-Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Lambert). De plus, une fois par semaine, surtout les week-ends lorsque les gens vont faire leurs courses, nous menons une opération de plus grande envergure avec une petite dizaine de policiers qui font des rondes dans les transports en commun les plus fréquentés."

Mais les policiers viennent également en soutien aux contrôleurs de la Stib lorsque ces derniers procèdent à des contrôles de titres de transport. "Les policiers sont plus orientés sur le volet criminalité et verbalisent les usagers qui n’ont pas de papiers en règle, qui sont en séjour illégal ou qui possèdent des substances illicites. Cette présence policière rassure également les contrôleurs de la Stib, qui vérifient la validité des titres de transport, ajoute Michaël Jonniaux. En 2017, nous avons déjà fait 139 contrôles de ce type en collaboration avec la Stib sur le territoire de la zone."

Même constat du côté de la zone Ouest (Molenbeek, Ganshoren, Jette, Berchem, Koekelberg), où le nombre de faits criminels est en baisse continue. "Chez nous, 46 policiers sont affectés aux tâches de sécurisation des transports en commun. Ils effectuent des rondes et leur présence est dissuasive", explique Johan Berckmans, porte-parole de la zone Ouest.

Un type de faits est toutefois en augmentation avec 95 cas enregistrés : les infractions contre les mœurs. "Il peut s’agir d’un exhibitionniste ou d’une personne qui se masturbe en public. Nous tombons quasiment chaque semaine sur ce type de cas, et il s’agit bien souvent de personnes qui souffrent de troubles psychiques", conclut Johan Berckmans.

Une “task force” pour les transports

 Depuis l’agression mortelle du superviseur de la Stib en 2012, le gouvernement fédéral a mis en place une task force policière pour les 19 communes de la Région bruxelloise afin de sécuriser les transports en commun et éviter un nouveau drame. Elle est composée de membres de la police fédérale (police des chemins de fer et réserve fédérale) et de membres de la police locale issus des six zones bruxelloises. Cette task force se réunit régulièrement et assure la coordination de la stratégie de sécurisation des transports publics. Elle favorise aussi l’échange d’informations, la décision des actions communes. En parallèle, la police fédérale organise régulièrement des opérations de grande envergure sur toutes les lignes de tram, bus, métro et dans les gares, en collaboration avec les zones locales. Cette année, trois actions de ce type ont jusqu’à présent été organisées.