Bruxelles Ecolo accuse la ministre Fadila Laanan de ne pas utiliser tous les leviers disponibles pour combler le manque de places.

Alors que les inscriptions en crèche relèvent d’un véritable parcours du combattant dans la capitale, l’opposition Ecolo accuse la majorité bruxelloise (PS-Défi-CDH-SPA-Open VLD-CD&V) de ne pas se saisir de tous les leviers à sa disposition pour créer de nouvelles places. Compétente en matière de milieux d’accueil de l’enfance, la Commission communautaire française (Cocof) n’utilise pas la totalité du budget disponible pour créer de nouveaux milieux d’accueil.

"Près de 30 millions d’euros d’encours se sont ainsi accumulés dans la trésorerie de la Cocof et seules une poignée de places ont été ouvertes à ce jour", déplore le député bruxellois Alain Maron (Ecolo) qui rappelle que l’accord de majorité prévoit pourtant la création de 7.500 places à l’horizon 2024.

Jusqu’ici, la Cocof s’est contentée d’octroyer des subsides à d’autres opérateurs. Selon les écologistes, la solution au manque de crèches est simple. "La ministre doit modifier sa stratégie et ouvrir de nouvelles possibilités en permettant à la Cocof de créer ses propres crèches tout en continuant à financer d’autres pouvoirs organisateurs par ailleurs", estime Alain Maron.

En séance plénière de la Cocof ce vendredi, la ministre-présidente Fadila Laanan (PS) a indiqué qu’une étude juridique réalisée au sein de son cabinet confirmait la possibilité pour la Cocof d’être un pouvoir organisateur. "La Constitution reconnaît à la Cocof les mêmes compétences que les autres pouvoirs organisateurs pour les matières culturelles, d’enseignement et personnalisables. Elle dispose ainsi du statut d’autorité décentralisée pour les matières personnalisables", a-t-elle précisé.

Pour autant, la socialiste a fait savoir qu’elle ne modifierait pas sa stratégie. "Si les conclusions sont claires en la matière, la question fondamentale réside dans la capacité budgétaire de la Cocof à agir seule en matière de construction de crèches. Le parti pris est plutôt de travailler avec les pouvoirs locaux et les partenaires privés", a-t-elle déclaré.

Un refus incompréhensible aux yeux des Verts. "Même avec l’aide de la Cocof, les communes doivent préfinancer et cofinancer des travaux si elles veulent ouvrir une crèche, ce qui est un frein. Si la Cocof est elle-même opérateur, ce frein est levé là où c’est opportun. En outre, la Cocof dispose de bâtiments et de terrains où cela serait possible comme, par exemple, au Ceria. Cette attitude démontre que la dotation pour la création de nouvelles crèches est détournée pour financer d’autres politiques ou assurer de l’équilibre budgétaire, au détriment des Bruxellois qui ont de grandes difficultés à payer une crèche privée à 500 € par mois", conclut Alain Maron. Interrogée sur ce dernier point, Fadila Laanan n’a pas souhaité s’exprimer.