Bruxelles Ce plan d’actions doit permettre de lutter contre les discriminations à l’égard des personnes homosexuelles et transgenres.

Estimant que le niveau fédéral tarde à présenter un plan en matière de lutte contre l’homophobie, la secrétaire d’État bruxelloise en charge de l’Égalité des chances s’apprête à lancer son propre plan contre les discriminations à l’égard de la communauté LGBTQI, soit les personnes lesbiennes, les gays, les bisexuels, les transsexuels, les queers et les intersexués. "Il y a une très grande communauté holebi en Région bruxelloise. Des 200 associations LGBTQI belges, on en retrouve une bonne cinquantaine basée dans la capitale. Nous devons nous faire fort d’être précurseurs et garants en matière d’égalité des droits pour toutes et tous. Notre diversité est un enrichissement pour notre ville et notre société", commente Bianca Debaets (CD&V).

Son plan qui entend proposer une approche globale de la problématique s’attaque à différents volets comme la discrimination au travail et dans les services administratifs, les violences et le harcèlement. Au total, 23 pistes d’actions concrètes sont avancées. Il est notamment prévu d’étendre le gender mainstreaming aux personnes ayant une orientation ou une identité sexuelle différente. Pour rappel, le gender mainstreaming consiste à analyser l’impact différent qu’une mesure politique envisagée peut avoir sur les femmes et les hommes. Cette réflexion devra dès lors tenir compte des personnes homosexuelles et transgenres.

Autre mesure évoquée : l’automatisation des formations sur la nouvelle loi transgenre à destination du personnel communal. Il s’agit entre autres de former les employés des services de l’état civil à l’accueil des personnes transgenres et à la procédure relative au changement de nom et de sexe."Lorsque l’on parle de plan d’actions, les gens pensent souvent aux agressions physiques et verbales. Celles-ci sont comprises dans le plan mais nous voulons aussi nous attaquer aux problèmes du quotidien que subissent les personnes différentes. Il peut s’agir d’une attitude ou même d’un regard. On ne peut pas rendre ce genre de formation obligatoire pour les citoyens mais c’est possible pour le personnel communal", explique le cabinet de la secrétaire d’État.

Avant son approbation définitive, des rencontres sont prévues avec le secteur associatif pour enrichir le plan. "Pour une série de solutions, il appartiendra aussi au gouvernement fédéral d’entreprendre des démarches. J’espère que le plan d’actions bruxellois sera une source d’inspiration pour un plan d’actions national", conclut Bianca Debaets.