Bruxelles Supprimer les emballages et repenser toute son animation est plus difficile que prévu pour ces animateurs.

Le mois de juillet est souvent synonyme de camp pour les mouvements de jeunesse, l’occasion de se mettre au vert et de vivre pendant une quinzaine de jours au plus près de la nature. À Bruxelles, la ministre de l’Environnement Céline Fremault (CDH) a tenu à encourager les différents mouvements de jeunesse bruxellois à rendre leur camp plus durable. "Commencer dès le plus jeune âge ne peut être qu’une formule gagnante", explique-t-elle. Une série de conseils ont été émis et, pour Aurélie, animatrice lutin (7-11 ans) dans l’unité Précieux Sang à Uccle, c’était l’occasion de tenter le pari du camp zéro déchet.

À la veille du premier jour, les préparatifs touchent à leur fin et ce n’était pas de tout repos. "Cela nous a vraiment pris beaucoup plus de temps que l’on pensait, explique Aurélie, le plus compliqué, c’était de trouver les producteurs locaux et que cela ne soit pas trop cher. On peut avoir des subsides de l’Apaq-w mais il fallait remplir plusieurs critères. Au final, on se retrouve avec des producteurs différents pour tout ce dont on a besoin."

Les œufs chez l’un, la viande chez l’autre, les fruits et les légumes encore ailleurs, si cela demande une organisation bien rodée, le budget en prend aussi un coup. "Nous avons fait des études de marché dans plusieurs magasins de Bruxelles pour trouver ce qui nous revenait le moins cher. C’est pour cela que nous achetons le couscous et le riz dans un magasin et les pâtes et les céréales dans un autre, par exemple." De plus, les établissements touchés par la volonté des jeunes animateurs ont accepté de les encourager en leur offrant des ristournes. "Nous trouvons leur projet vraiment bien et puis elles ont commandé de grandes quantités, donc on pouvait leur faire un geste", explique Aurélien, du magasin Roots.

Mais la démarche va au-delà du simple achat de nourriture. Un camp qui souhaite limiter les déchets doit être repensé en profondeur. Si les animations ne peuvent plus contenir de nourriture, au risque de la gaspiller, les bricolages sont un réel challenge pour ne pas créer de déchets. "On a pensé les bricolages surtout avec de la peinture pour rester dans l’optique zéro déchet, mais en allant faire les courses aujourd’hui, on s’est rendu compte que la peinture se vendait d’office dans des bidons en plastique", déplore Aurélie.

"Les parents nous supportent beaucoup et on voit que les animés se rendent compte de l’impact qu’ils peuvent avoir", explique-t-elle. Les animateurs espèrent que leur démarche pourra avoir un impact sur le long terme et que les enfants adopteront certains réflexes pour réduire leurs déchets aussi à la maison.