Bruxelles 38 logements développés par le promoteur Jean Thomas y avaient été construits puis vendus…

"La décision du 27 octobre 2014 du fonctionnaire délégué accordant à la société anonyme Triple J Real Estate Development un permis d’urbanisme autorisant celle-ci à réaliser un projet mixte de 38 logements et de commerce/Horeca sur une bien situé sur le territoire de la Ville de Bruxelles, rue Henri Maus 33 à 47 et rue des Pierres 34,36 et 38 est annulée."

Voici la conclusion du Conseil d’État, émise le 14 septembre dernier. Elle ponctue un dossier qui avait fait grand bruit à l’époque. Nous sommes sur le côté de La Bourse, au célèbre Falstaff ou devant le plus nocturne Fritland. En deux mots, la société pilotée à l’époque par le promoteur immobilier Jean Thomas n’a pas respecté une série de prescrits urbanistiques imposés par le classement des façades et toitures des immeubles concernés par le projet.

Plus en détail, le Conseil d’État reproche l’installation de conduits d’extraction de fumée et de ventilation visibles sur une toiture classée alors que "le permis attaqué n’autorise pas la présence d’infrastructures techniques au-dessus des toitures classées de la rue Henri Maus" et que la présence de ces infrastructures techniques en toiture n’est pas mentionnée dans les plans.

Autre problème de taille : sur les plans présentés par le promoteur "n’apparaît pas en arrière-fond la vue des façades arrières des immeubles situés dans la rue des Pierres. L’absence de vue en élévation […] n’a pas permis à la commission de concertation et à la commission royale des Monuments et Sites de statuer en connaissance de cause sur l’impact du projet sur la vue des façades classées de la rue Henri Maus…"

Opposant de la première heure, Bernard Widart s’inquiète d’abord des conséquences urbanistiques que pourraient subir les 38 propriétaires de la rue Henri Maus, puis s’étonne qu’après "huit ans de procédure et cinq recours devant le Conseil d’État, toutes ces infractions urbanistiques n’ont suscité aucune réaction des pouvoirs publics locaux alors qu’elles sont bien visibles aux yeux de tous depuis plus de quatre ans."

Il demande également "une analyse des conséquences de ce projet immobilier sur la situation catastrophique de la rue des Pierres, tant au niveau commercial qu’au niveau des habitations principalement sous-louées en Airbnb depuis de nombreuses années".