Bruxelles

Les poeperdrogers, les bûûmdrogers et les gardevils ont choisi leur 16ème Madame Chapeau.

Hier, sur la place Rouppe, c'était l'élection de Madame Chapeau, personnage emblématique de la pièce de théâtre Bossemans et Coppenolle, une œuvre de référence du patrimoine culturel bruxellois créée en 1938.

Toute l'après-midi, les poeperdrogers (porteurs de géants), les bûûmdroegers (porteurs d'arbres), la fanfare et les gardevils ont défilé dans les rues du centre-ville en l'honneur de Madame Chapeau. "On organise ça depuis 2002", explique Jean-Pierre Vandenbroeck, président des gardevils et organisateur, "les membres de chaque groupe présentent un candidat qui sera enclin à gagner l'élection de Madame Chapeau."

Mais au fond les critères pour obtenir le titre c'est quoi? "Il faut avoir un peu de connaissance quant à la pièce de théâtre et sur la Ville de Bruxelles, et surtout il faut pouvoir avoir le bon degré d'humour bruxellois, qui fait que tout est très folklorique. Il y a un applaudimètre, un jury composé à la dernière minute, c'est à la bonne franquette."

Un chapiteau, des pains-saucisse et de la bière qui coule à flot, c'est tout ce dont les participants ont besoin pour passer une journée festive qui se termine à la place Rouppe, pour l'annonce des résultats. Une fois le concours remporté, le gagnant doit tout de même accompagner le groupe folkorique tout au long de l'année lors des sorties, déguisé en Madame Chapeau. Pour la troisième année consécutive, c'est Willy, son beau chapeau et son lapin blanc accroché à son sac qui a remporté le premier prix.

© D.R.

Ce personnage symbolique est officiellement reconnu comme patrimoine bruxellois, et les Géants qui accompagnent le cortège sont, eux, reconnus comme partimoine universel et matériel de l'Unesco. Une statue est d'ailleurs consacrée à Madame Chapeau dans la rue du Midi, tout près du Manneken-pis, vêtu, pour l’occasion, du costume des Gardevils, l’entité du Meyboom symbolisé par Madame Chapeau.

Comme chaque année, Philippe Close (PS) bourgmestre de Bruxelles-Ville, est présent pour les festivités. L'édile fait d'ailleurs partie des gardevils, et y est fidèle en toutes circonstances. "Traditionnellement, le bourgmestre porte l'arbre, et donc quand Philippe Close est devenu bourgmestre, il avait le choix de changer de groupe et d'aller chez les bûûmdroegers, mais il a décidé de rester chez les gardevils. Ça a été très apprécié", se souvient Jean-Pierre Vandenbroeck.