Bruxelles

Pour ce faire, le parti entend "arracher Bruxelles aux promoteurs immobiliers".

Le PTB entend être le relais des gens en arrachant Bruxelles aux promoteurs immobiliers, a-t-il indiqué vendredi lors de la présentation à la presse de ses principales figures et de ses outils de campagne en vue du scrutin du 14 octobre dans la ville-capitale. Le parti du travail de Belgique y annonce une liste bilingue tirée par la députée bruxelloise Mathilde El Bakri.

Le logement et l'emploi figurent au premier rang des priorités. "Reconquérons la ville !", lance le parti marxiste en guise de slogan. Dans le collimateur figurent les grands projets immobiliers Tour et Taxis et Neo qui symbolisent "la mainmise des promoteurs immobiliers sur la ville".

Le PTB demandera un audit indépendant visant à mettre à plat d'éventuels "conflits d'intérêts" et "magouilles". Il juge ainsi "suspect" que le groupe Extensa a pu bénéficier du site Tour et Taxis pour "une bouchée de pain". Il s'agissait d'un des derniers espaces de réserve foncière disponibles et aucun logement social ou école n'y seront construits alors que le manque se fait sentir à Bruxelles, se scandalise Mathilde El Bakri. Celle-ci s'étonne également de l'évolution d'une avocate du cabinet d'affaires Stibbe qui, après avoir planché sur le plan régional d'affectation du sol (PRAS) s'est retrouvée au cabinet du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort.

Sur le site du Heysel, le PTB n'est pas opposé à la rénovation du stade Roi Baudouin, qui doit cependant être un projet national, permettant de combiner sport de haut niveau et sport pour tous.

Tenant compte des priorités avancées par des centaines de citoyens sondés par le parti, le PTB entend augmenter l'offre de logements sociaux alors que 43.000 familles sont en attente, et plafonner les loyers à travers une grille, la ville et le CPAS étant les plus gros propriétaires sur le territoire régional.

Les PTBistes de la ville se battront également pour des "emplois stables", notamment à travers la création d'une société intercommunale chargée de la rénovation et de l'isolation des logements, faisant d'"une pierre deux coups", en s'attaquant par là à la crise climatique.

Deuxième sur la liste, le candidat néerlandophone Bruno Bauwens, animateur pour jeunes, promeut l'école bilingue dans l'enseignement communal de la ville, à partir de la 3e maternelle. En commençant dès le lendemain des élections, la ville sera bilingue d'ici 12 ans lorsque les élèves auront atteint la majorité. Ce sera un plus pour la cohésion et l'emploi, souligne-t-il, regrettant qu'en dépit des promesses, l'échevine de l'instruction publique Faouzia Hariche (PS) n'a pas oeuvré en faveur de l'immersion en 16 ans de mandat.

Malgré les critiques adressées au PS et à Ecolo, le député fédéral Raoul Hedebouw s'est prononcé dans Le Soir en faveur de négociations prioritaires entre ces trois partis si l'électeur le permettait. "Equation impossible" à la ville de Bruxelles, juge Mathilde El Bakri selon qui PS et MR poursuivront l'aventure s'ils en ont la possibilité. "Je ne me vois pas travailler avec (le premier échevin MR) Alain Courtois", a-t-elle souri.

Le PTB ambitionne d'entrer au conseil communal de la ville le 14 octobre. Tout élu supplémentaire sera "une cerise sur le gateau", juge Bruno Bauwens. Le parti entend "jouer les rebelles" en démontrant que "oui, une autre alternative que le tout aux promoteurs et au privé est possible".