Bruxelles L'établissement ne répondait pas aux normes d'incendie, notamment.

Le réveil a été un peu difficile ce mercredi matin pour certains clients de l'hôtel Midi Station, situé à deux pas de la gare du midi. Les services de l'Urbanisme de la Ville accompagnés d'une petite dizaine de policiers ont posé des scellés sur les portes des chambres. Ordre pour tous les touristes présents dans le bâtiment de remballer leurs affaires et quitter les lieux.

En cause? Des travaux réalisés sans permis touchants à la sécurité du bâtiment et des manquements en terme de sécurité incendie. Après plusieurs démarches et mises en demeure de la part de la Région et de la commune, les grands moyens ont été utilisés afin d'empêcher l'exploitation des lieux.

"Il en va de la sécurité des Bruxellois et des touristes. Si jamais un incendie prenait dans le bâtiment, ce serait un gigantesque barbecue. Il n'y a aucune issue de secours. Les touristes qui se trouvent au deuxième étage n'ont aucun moyen de sortir si le bâtiment prend feu", explique Geoffroy Coomans de Brachène (MR), échevin de l'Urbanisme. Et il y a de quoi s'inquiéter puisque le bâtiment situé juste à côté et appartenant au même propriétaire est déjà parti en fumée.

Avant l'annonce de la pose des scellés, le propriétaire n'avait pas eu l'air de s'inquiéter outre mesure puisque des réservations continuaient à être prises pour cet hôtel d'une quarantaine de chambres, à une cinquantaine d'euros la nuit. Ce matin, un couple est arrivé du Portugal mais s'est vu refuser l'entrée. Concernant le remboursement de leur nuitée, ils n'ont eu comme réponse qu'un simple: "je ne peux rien faire, le patron n'est pas là, je ne suis que la réceptionniste."

Ce qui est le plus interpellant, c'est que ce n'est pas la première fois que l'établissement reçoit ordre de cesser l'exploitation. Au début du mois d'avril, la Région avait déjà agi car l'établissement n'était pas enregistré en tant qu'hébergement touristique. Un ordre de cessation d'activité et une interdiction de rentrer avaient été collés sur la porte d'entrée mais aussitôt enlevé par les exploitants. Cette fois, c'est la commune qui a pris les choses en main afin de faire arrêter l'activité car l'hôtel ne répond pas aux critères de sécurité.

"Ils ont reçu des rappels à l'ordre depuis plusieurs mois. Les scellés ne sont pas sur la porte d'entrée parce que ce n'est pas le bâtiment en tant que tel qui est concerné, c'est son exploitation. C'est pour cela que les scellés ont été posés sur les chambres", précise l'échevin.

Cette fois, si l'hôtel veut continuer son exploitation malgré tout, il devra briser les scellés qui ont été installés et c'est donc le pénal qui devra prendre le dossier en main. La prochaine étape si le propriétaire ne se met pas en ordre sera de murer le bâtiment mais la commune a bon espoir qu'il ne faudra pas en arriver jusque là.

L'avocat de l'hôtel a annoncé avoir introduit une requête de suspension en extrême urgence. Il précise aussi que des portes incendie ont été installées et que les démarches sont donc lancées pour se mettre en ordre. Mais la commune affirme ne pas encore avoir eu de nouvelles du Conseil d’État et indique que le bâtiment sera sérieusement gardé à l’œil durant les prochains jours afin de vérifier que toutes les activités ont bien cessé.