Bruxelles L’association Quartier des Arts souhaite un visage tout autre pour cette place importante.

La place Royale, on y passe souvent, mais on s’y arrête peu. Nichée entre l’imposante place des Palais, le Mont des Arts et la longue rue de la Régence, elle fait office de rond-point un brin chaotique et peine à mettre en avant les magnifiques bâtiments (abritant des musées, des restaurants et la Cour des Comptes) qui la cernent.

Ceux qui y sont déjà passés se seront déjà rendu compte que les trottoirs servent peu aux piétons qui coupent bien souvent pour éviter les coins. Les voitures, quant à elles, profitent de ces coins pour se garer là où le stationnement n’est pas forcément autorisé.

Depuis 2014, Beliris - cet accord de coopération entre l’État et la Région de Bruxelles-Capitale qui vise à promouvoir le rayonnement de la capitale belge - planche sur un plan pour rendre son lustre d’antan à cette place importante de Bruxelles.

Un concours international est lancé pour prévoir le réaménagement de la place, la mise en lumière des façades et améliorer l’étanchéité de la dalle qui recouvre le site archéologique du Coudenberg.

Bilan ? Un candidat est choisi et dans ses plans les trottoirs passent de 5 à 12 mètres, la voirie est repavée à l’identique et le centre de la place est protégé par des potelés formants un ovale allongé.

Et c’est là que le Quartier des Arts intervient. Cette association - le plus ancien comité de quartier de Bruxelles - qui a fêté ses 50 ans d’existence en décembre dernier a été créée afin de "promouvoir l’animation, la défense, la restauration et la qualité de l’aménagement de Bruxelles".

Son terrain de prédilection est délimité par les boulevards de la petite ceinture et ceux de la jonction Nord-Midi, depuis le Botanique jusqu’au Palais de Justice.

L’association a de tout autres projets pour cette place emblématique. Elle souhaiterait la transformer en un véritable lieu de rencontre et d’animations, fluidifier le trafic et repenser les matériaux utilisés pour la réfection de la voirie. Leur idée principale ? Effacer les coins. Le principe serait de laisser un sens giratoire de forme ovale pour la circulation des voitures mais les quatre coins où se garent les voitures actuellement seraient rendus aux piétons.

"Cela deviendrait une place où des événements peuvent vraiment se dérouler. On pourrait y placer des sculptures afin de mettre en avant un artiste, y dresser des terrasses, etc. Cela deviendrait un véritable lieu de rencontre où les gens s’arrêteraient pour passer du temps", explique Michel Van Roy, secrétaire général de l’association et ancien échevin des Travaux public de la Ville.

En tout, cela représente 1.800m2 en plus disponibles pour les piétons par rapport au plan retenu par Beliris actuellement. Le projet n’entraverait en rien la circulation automobile puisque les voitures ne roulent de toute façon pas dans ces coins. Preuve en est, vendredi dernier, à l’occasion du Frunch (" friday lunch") organisé dans la cour intérieure du Bip, des gros blocs rouges et blancs délimitaient un espace sur la route afin d’installer des foodtrucks. Des blocs délimitant presque à l’identique l’espace prévu par le plan du Quartier des Arts et, ce, sans que la circulation ne s’en trouve impactée.

Un bel exemple d’espace convivial rendu aux citoyens afin qu’ils profitent de cette belle place. De plus, l’association insiste fortement pour qu’une recherche soit menée afin de choisir un type de pavés et un mode de pavage plus résistants au charroi lourd qui passe quotidiennement par cette place, notamment les bus et trams de la Stib. Leur projet prévoit aussi que les bandes de circulation venant du Mont des Arts seraient réduites pour passer de quatre à trois afin de n’avoir plus qu’une bande bus et une bande de circulation pour les voitures dans chaque sens (actuellement, deux bandes montantes sont prévues pour les voitures). Une enquête publique sera lancée à la mi-août pendant un mois et la commission de concertation se tiendra le 26 septembre. L’occasion pour le Quartier des Arts de faire connaître son projet qui semble avoir déjà séduit la Ville de Bruxelles.