Bruxelles

Paula Raiglot défend une ville honorée en dialek. Mais “perdant son âme”

par Guy bernard

BRUSSELEIR ? NON, PEUT-ÊTRE… À l’inverse de ce que notre titraille laisserait accroire, Paula Raiglot n’a rien d’une revendicatrice. Mais bon ! Sous son sourire craquant, l’ex-présidente du Lions Club Brussels Amigo - un cercle “bilingue et mixte” - n’en défend pas moins Bruxelles. Son Bruxelles.

“Je ne sais pas !”, lâche-t-elle d’un doux accent inimitable. “C’est ma ville. J’y suis bien. Trop de Bruxellois en abandonnent l’âme.”

Cette âme, l’artiste de la rue des Bogards la chérit. En s’amusant, sous le sceau reconnu du LCB Amigo, à marier mademoiselle Beulemans, devant un parterre endimanché de zwanzeurs. C’était Grand-Place, le 13 juin dernier. “Au Vaudeville, on a rigolé, on a rigolé”, répéta-t-elle à l’envi, ce soir-là. En multipliant, natuur, les sauteries pittoresques. Mais aussi en vivant, elle la native d’Anderlecht, il y a 54 étés, en ce cœur historique multiculturel.

“Beaucoup de gens ont peur avant que quelque chose ne se passe”, relève l’echte brusseleisse. “J’ai bien eu des aventures, des cambriolages. Mais il faut être ouvert. Je parle à tout le monde. J’ai dû apprendre ça”, admet l’adepte de la marche.

Sûr que Paula Raiglot n’a pas son pareil pour désamorcer tout conflit latent. Le côté social, ça la connaît; la Bruxelles multiculturelle aussi. “Mais elle doit garder son identité et je vois des dangers de tous les côtés. La politique, vous savez…”, ponctue d’un air entendu, cette femme engagée.

Écoutez les conversations dans le quartier !, invite-t-elle. “On a depuis longtemps dépassé le stade français/flamand. Une bêtise, ce truc. L’un ou l’autre, ça n’a aucune espèce d’importance.”

Formée à l’école de la Sainte-Famille, notre hôte a viré vers la compta. Pour plonger, il y a 10 ans, dans la peinture, son autre “passion”. Sans jamais renier, ni son bon sens de chez nous (“Il fait bon vivre ici. Les gens, ils sont tous les mêmes, hein !”), ni son engagement tout personnel : “Si j’ai un seul message, c’est Bruxellois, réveillez-vous !” (à compléter d’un exquis juron style Podferdek, NDLR).

Car si vous ne l’aviez pigé seul, notre madame est folle dingue de la terre qu’elle fertilise sans cesse.



© La Dernière Heure 2011