Bruxelles

Depuis le début du mois, la consommation d’eau du robinet sur le territoire régional a augmenté de 15 % par rapport à l'an passé.

En cette période de canicule, il n’y a pas que les vendeurs de bières et de boissons rafraîchissantes qui tournent à plein régime. Chez Vivaqua, on constate aussi une consommation d’eau courante exceptionnelle.

"Depuis le 1er juillet jusqu’à ce jeudi 26 juillet, la consommation d’eau du robinet a augmenté de 15 % par rapport à la même période l’an passé", remarque le directeur exploitation réseau de Vivaqua Olivier Lagneau. "Plus remarquable encore, depuis ce lundi 23 juillet (début de la canicule, NDLR), nous sommes à des consommations d’eau courante supérieure de 20 à 25 % par rapport à l’an passé. Il s’agit d’une situation tout à fait exceptionnelle."

Exceptionnelle d’accord. Historique ? "Difficile à dire. On ne peut pas comparer à 1976 – année de grande sécheresse en Europe – car les modes de calculs ont changé depuis. Je me rappelle un été particulièrement chaud en 2003 mais sur une période moins longue qu’actuellement."

En juillet, surtout à partir de la deuxième semaine, la consommation d’eau courante baisse significativement à Bruxelles car les écoles sont fermées, le secteur du bâtiment aussi, les gens sont en vacances. C’est aussi le cas cette année mais la consommation reste supérieure de plus de 10 % par rapport à 2017 entre les mois de juin et juillet.

250 millions de litres chaque jour à Bruxelles

Les fortes chaleurs constituent bien évidemment la cause principale de cette surconsommation d’eau courante à Bruxelles. "Outre le fait que les Bruxellois boivent plus d’eau, ils prennent plus de douches, font plus de lessive car ils transpirent plus. On arrose aussi plus souvent le jardin, les plantes. C’est lié à l’hygiène et à l’hydratation au sens large."

En valeur absolue, cela correspond à une consommation journalière de 350.000 m3 à laquelle il faut retirer à peu près 100.000 m3 destinés à la Flandre. Soit, en moyenne cette semaine, plus ou moins 250 millions de litres d’eau du robinet consommés chaque jour à Bruxelles. "Cela reste très élevé. Les autres années, nous descendions sous les 300.000 m3 quotidien en été. Cette année, nous ne sommes pas descendus sous les 300.000 une seule fois depuis le début du mois de juillet", poursuit Olivier Lagneau qui rejoint l’appel à la prudence en matière de consommation d’eau lancée par la ministre Céline Fremault (CDH) hier.

Les nappes aquifères de Vivaqua ne sont pas vides

Cette surconsommation risque-t-elle de vider les réserves de Vivaqua ? "Pour l’instant non", explique le directeur exploitation réseau de Vivaqua. L’eau des Bruxellois vient de 26 captages, quasi tous en Wallonie ?

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Environ 30-40 % de l’eau vient de la Meuse, en surface donc. Elle est traitée et potabilisée sur le site de Taillefer puis mélangée à l’eau venant des captages souterrains, qui représente le reste de l’eau envoyé dans les foyers, entreprises, administrations bruxelloises. "Pour l’instant, le niveau d’eau des nappes phréatiques est correct. Nous avons encore des réserves, on tiendra le coup sauf s’il fait 30 degrés jusqu’à la fin octobre. Il ne faut pas gaspiller l’eau car les prévisions prévoient encore de fortes chaleurs la semaine prochaine, jusqu’au 5-6 août même. Cela ne signifie pas qu’il ne pleuvra pas entre-temps mais nous devons rester vigilants."

Les nappes aquifères se remplissent en hiver, plus particulièrement entre les mois de novembre et avril) via les pluies et la neige. "Durant cette période, il n’y a pas de végétation donc l’eau n’est pas capté par les plantes. Il fait froid donc l’eau ne s’évapore pas non plus. En été par contre, la pluie n’entre pas dans les nappes aquifères car la végétation pompe, l’eau s’évapore, les sols sont plus secs donc elle ruisselle. On vit donc sur la réserve même si l’état des nappes aquifères est bon, sans être exceptionnel, grâce aux deux derniers hivers plus pluvieux que les années précédentes."

Pas de stress donc mais inutile de gaspiller votre eau du robinet même si elle est sans aucun déchet plastique et coûte environ 300 fois moins chère que l’eau en bouteille !