Bruxelles

Pour les commerçants, c’est l’image de la chaussée qui est en jeu, alors qu’une partie a été rénovée et inaugurée ce samedi.


Ce samedi, la chaussée d’Ixelles et son tronçon flambant neuf s’étendant de la Porte de Namur à la place Fernand Cocq a été inaugurée en grande pompe : fanfare, groupes de musique, transats, distributions de glaces, etc. Le ministre de la Mobilité, Pascal Smet (SP.A), la bourgmestre, Dominique Dufourny (MR) ainsi que les échevins et les conseillers communaux présents en nombre – approche des élections oblige… – se sont congratulés de l’aboutissement de ce chantier qui aura eu des conséquences néfastes sur bon nombre de commerces.

Concrètement, cette voirie, la deuxième plus grande artère commerciale de Bruxelles, est maintenant devenue une zone apaisée. C’est-à-dire que la priorité est donnée aux piétons, cyclistes et transports en commun. En effet, la rue sera fermée à la circulation entre 7 h et 19 h et sera limitée à une vitesse de 20 km/h. Le quartier autour de la chaussée d’Ixelles est quant à lui en zone 30. Des changements qui ont obligé la Région et la commune à instaurer un plan de Mobilité complètement neuf qui fera l’objet de plusieurs évaluations.

Mais si la partie qui part de la Porte de Namur et qui s’arrête à la place Fernand Cocq sera propre comme un sou neuf puisqu’entièrement rénovée, c’est plus loin que cela se gâte…

Quand on descend la chaussée d’Ixelles depuis la place Fernand Cocq, il est difficile de faire abstraction de tous ces tags qui criblent les murs, les volets métalliques des magasins… et même leur vitrine. Graffitis, tags à l’acide ou simples détériorations à la clé sur les vitrines, le vandalisme est présent à chaque coin de cette partie de la chaussée d’Ixelles. “Observez cette rue, c’est presqu’une maison sur deux qui est peinturlurée d’horribles dessins”, déplore une riveraine. “Le pire, c’est que je sais que ce sont des gens du quartier qui viennent faire ça, tôt le matin. On a repeint notre porte trois fois !”

Pascal Coduys, gérant d’un magasin de cadres sur la chaussée, a déjà dû faire remplacer sa vitre. “Ils ont tagué à l’acide en plein sur une inscription de la vitrine, et c’est impossible à nettoyer. C’est la deuxième fois en un an. J’ai dû remplacer la vitre, ça m’a coûté 400 euros hors TVA… Et ça, la commune ne prend pas en charge.”

Et en plus d’être coûteux, ce phénomène nuit à l’image de la rue et des commerces qui y sont installés. “Je ne pense pas que ça pousse ma clientèle à ne plus venir, mais franchement regardez cette rue, ça ne donne pas envie de venir s’y balader”, poursuit Pascal Coduys.

Et ses voisins depuis 1974 partagent le même avis : “La commune est venue nettoyer les graffitis qu’il y avait sur notre pierre bleue, en dessous de la vitrine. On apprécie ce service de la commune, et on s’estime heureux de n’avoir encore rien eu depuis, mais cette rue est devenue vraiment moche. Et quand Bruxelles-Propreté décide d’oublier nos poubelles, je vous laisse imaginer le pire”, témoigne Rosa, l’une des gérantes du traiteur italien Spiga d’Oro, tout en bas de la rue.

Et si on peut parfoisobserver de jolis dessins que l’on peut communément appeler de l’art, la plupart des graffitis relèvent uniquement d’une simple signature illisible et coulante, qui n’inspire pas grand-chose. “Je pense simplement que ces personnes ont besoin d’afficher leur rébellion. Elles veulent être vues et reconnues. Ce n’est pas pour rien que depuis que j’ai ouvert le magasin, c’est trois fois le même tag qui s’est retrouvé sur ma vitrine”, conclut Pascal Coduys.