Bruxelles Chaque soir de match, les bars de la capitale qui diffusent le Mondial explosent leur chiffre d’affaires. Au menu : pils, pils et pils !

Si les places communales qui diffusent les matches des Diables sur écrans géants connaissent un franc succès, les bars et cafés populaires ne sont pas à plaindre non plus. Baladez-vous dans Bruxelles un soir de match, et vous pourrez observer toutes les terrasses de la capitale remplies de supporters les yeux rivés sur des écrans, une bière à la main…

Ce dernier détail fait en effet partie intégrante du décor. À Bruxelles comme partout en Belgique, c’est la cervoise qui régale les gosiers stressés de l’avant, pendant et l’après match. Une aubaine pour les gérants de bar qui voient leur chiffre d’affaires augmenter dès que les Diables marquent un but.

"On constate très clairement un effet Coupe du Monde puisque les soirs de match, au lieu d’écouler un fût, on en vend environ 5. Le chiffre d’affaires a augmenté d’environ 40 % depuis le début de la compétition", explique Bart Wachtelaer, patron du bar De Boerkes, à Jette . De plus, la proximité de la place du Miroir permet également de drainer des supporters. "Quelque 8.000 supporters se rendent à cet écran géant et quand la place est trop bondée, certains supporters se rendent alors dans mon bistrot pour suivre le match", poursuit Bart Wachtelaer, qui propose également de la petite restauration.

Même son de cloche du côté de Romolo Putzu, gérant du café Le Louvre situé sur le parvis de Saint-Gilles. "Cela fait depuis 1998 que l’on diffuse des matches de foot dans l’établissement, mais jamais nous n’avons connu un tel engouement. Cette ferveur se fait naturellement ressentir dans notre chiffre d’affaires qui a augmenté de plus de 50 % depuis le début de la Coupe du Monde ! À titre d’exemple, nous avons vendu environ 800 litres de bière le jour du match contre le Brésil, soit quelque 3.000 verres de bière, que ce soit avant, pendant ou après le match puisque les gens ont continué à faire la fête jusque tard dans la nuit. Autant dire que si l’on gagne ce mardi contre la France, les chiffres risquent d’encore exploser !", s’enthousiasme Romolo.

À Schaerbeek, le bar du Gaspi a vu sa clientèle tripler sa consommation de bière au fût, phénomène peu habituel pour ce café bobo qui a plus l’habitude de vendre des jus et des bières spéciales. "Les soirs de match, la tendance s’inverse complètement, les gens ne veulent que de la Jupiler au fût. Alors qu’en temps normal je ne vide même pas un fût par soir, quand les Diables jouent. Ici, j’en épuise au moins trois", témoigne Xavier Winkel, gérant de l’endroit.

Du côté des Halles Saint-Géry, c’est Byzance aussi. Chaque soir de match, la place et les halles sont noires de monde, et la bière coule à flot. "Les gens qui viennent pour regarder un match stressant commandent de la bière parce que ça va vite, ils ne vont pas prendre un cocktail", explique Cédric Gérard, gérant du Café des Halles. "C’est vrai que dès que les Diables jouent, on augmente notre chiffre d’affaires de 30 %, et je pense que c’est le cas de tous les bars aux alentours. Notre quartier a un succès monstre pour l’ambiance des supporters !"

Mais si le gérant est conscient des chiffres que ça représente, il veut attendre la fin du Mondial avant de confirmer un réel bénéfice. "Au final, il faut voir ce que ça nous a coûté aussi : le service de nettoyage plus fréquent, un dispositif de sécurité plus important, un écran géant haute définition, etc. Et puis, sincèrement, on n’est pas dans un esprit où on veut absolument se faire de l’argent, on est surtout dans un esprit belge où tout le monde supporte notre équipe nationale !"