Bruxelles Une compétition organisée ce week-end a mis en évidence le potentiel bruxellois inexploité en matière de jeux vidéos

La Région bruxelloise a accueilli, ce week-end, pour la première fois de son histoire une game jam de créateurs de jeux vidéo. L’événement, qui se déroule non loin de l’ULB, a débuté samedi à 11h et s’est terminé dimanche à 18h. S’y sont affrontés quelque 50 designers et informaticiens passionnés de Mario Bros ou d’Age of Empires.

Répartis par équipes de un à six, ceux-ci ont tenté de relever un défi peu commun : créer de A à Z un véritable jeu vidéo, et ce, en seulement 36 heures. "C’est un vrai challenge car, normalement, il faut entre trois mois et sept ans pour créer un jeu vidéo", sourit Andrea Di Stefano, l’organisateur de l’événement.

Si ce game jam s’est profilé comme un moment ludique et convivial entre passionnés, Andrea Di Stefano a voulu en profiter pour attirer l’attention sur l’inexistence totale d’acteurs bruxellois dans le domaine des jeux vidéo. "Le secteur est en pleine expansion dans le monde mais encore inexistant à Bruxelles", souligne ce professionnel.

Une situation d’autant plus dommage que le chiffre d’affaires de l’industrie pèse aujourd’hui, à l’échelle mondiale, quelque 66 milliards d’euros.

"Aujourd’hui, sur les 94 entreprises bruxelloises spécialisées dans l’audiovisuel que je connais, seule une s’occupe de jeux vidéos", confirme Guillaume Béland, conseiller pour Impulse Brussels, l’Agence bruxelloise pour l’Entreprise. "Pour moi, la raison est simple : il n’y aucun financement prévu", ajoute-t-il.

"Nous sommes quand même dans la capitale de l’Europe ! Quand je travaillais à Mons, ce n’était pas évident de convaincre un spécialiste qui habite New-York de nous rejoindre. Il n’y aurait pas ce genre de problème à Bruxelles !", conclut Andrea Di Stefano.

Ce samedi soir , chacun des compétiteurs présents affichait en tout cas un regard concentré sur son écran, une main sur la souris, l’autre sur le clavier. Guilherme, Yu, Lucas et Félix se sont ainsi donnés pour mission de créer deux robots. "Ils devront s’affronter dès dimanche", indique Félix. Juste à côté, une autre équipe est partie sur le thème de la mémoire. "L’objectif sera de retrouver ses clés pour aller faire la fête", résume Alexandre.

À ses pieds, se trouve un sac rempli de bouteilles de Coca et de chips. "Il vaut mieux être préparé", lâche-t-il. La nuit risque en effet d’être longue.