Bruxelles C’est une des propositions avancées par le collectif Utsopi lors d’une réunion au cabinet d’Yvan Mayeur (PS).

Ce lundi, lors d’une réunion au cabinet du bourgmestre bruxellois Yvan Mayeur (PS), le collectif Utsopi (Union des Travailleurs du Sexe Organisés pour l’Indépendance) a transmis un document avançant des propositions pour l’avenir du quartier de l’Alhambra.

Pour rappel, en juin dernier, la Ville de Bruxelles adoptait un nouveau règlement de police interdisant le racolage dans le quartier de l’Alhambra sous peine de sanctions administratives pouvant atteindre 350 € pour les prostituées et leurs clients. Depuis, la Ligue des Droits de l’Homme, Espace P, ainsi qu’une prostituée, ont déjà introduit deux recours devant le Conseil d’État contre cet arrêté anti-prostitution.

Selon Utsopi, la régulation de la prostitution de rue dans ce quartier emblématique passe par la définition d’un périmètre au sein duquel cette activité serait autorisée. Alors qu’actuellement, la pratique s’exerce dans la rue des Commerçants, la rue de Laeken, la rue Van Gaever, le quai au Foin, la rue Saint-Jean Népomucène, la rue du Pélican et le boulevard d’Anvers, Utsopi propose de restreindre le périmètre à la rue des Commerçants, la rue Van Gaver et le quai au Foin, considérés comme des rues "historiques" de la prostitution. "Il s’agit d’un compromis équilibré, contrant à la fois le phénomène de tâche d’huile et refusant la politique du bulldozer où les travailleurs seraient exclus du quartier", explique le collectif.

Du côté du bourgmestre, aucune décision n’a encore été prise. "Nous examinerons rapidement les propositions formulées et une nouvelle réunion de la plateforme communale d’encadrement de la prostitution se tiendra fin octobre avec notamment tous les acteurs associatifs concernés" indique le cabinet d’Yvan Mayeur.

D’autres pistes avaient été formulées, dont notamment l’ouverture d’une Villa Tinto bruxelloise comme il en existe déjà une à Anvers. Cependant, ce projet s’apparente à une fausse piste pour le collectif qui ne constate aucune avancée dans le dossier. Enfin, la relégation des prostituées sur une portion des grands boulevards avancée par la Ville, ne constituerait qu’une solution bancale selon Utsopi, qui évoque l’insécurité et la difficulté d’y travailler.

Plus de tranquillité dans le quartier

Afin de lutter contre les nuisances occasionnées par la prostitution dans le quartier Alhambra, la commune a entrepris plusieurs actions. En plus de l’acquisition de trois maisons situées rue Saint-Jean Népomucène au début du mois de septembre dans l’optique d’enrayer la prolifération de bars liés à la prostitution, les autorités communales ont également mis sur pied un micromarché alimentaire à la porte d’Anvers les jeudis de 15 à 19h et amélioré l’éclairage de rue. Par ailleurs, afin de créer des interactions culturelles plus denses entre riverains, la galerie associative E2 s’est installée à proximité, dans la rue du Pont-Neuf. Cette plateforme d’échange, de découverte et de diffusion d’œuvres issues de la production alternative se veut un lieu ouvert au quartier où se succéderont expositions, ateliers et manifestations thématiques. "Parallèlement à ces actions, la Ville continue à porter une attention particulière aux établissements et terrasses du quartier Alhambra. Des arrêtés de fermeture sont pris sur base de rapports de police, notamment pour troubles de l’ordre public", ajoute le bourgmestre Yvan Mayeur (PS).