Bruxelles La firme de livraison à domicile annonce trois pôles de croissance potentiels : les petits-déjeuners, les lunchs et l’alcool.

Un peu plus d’un an après son arrivée à Bruxelles, la firme de livraisons de plats à domicile Deliveroo collabore désormais avec plus de 400 restaurants et peut compter sur un pôle actif de 1.300 cyclistes. Même s’il refuse de fournir le nombre de commandes effectuées via l’application mobile, le directeur marketing de Deliveroo en Belgique, Charles Van den Bogaert, assure que tous les chiffres de Deliveroo sont au vert.

Cette première année à Bruxelles pour la firme britannique a été marquée par la chute du concurrent initial Take Eat Easy et l’arrivée du géant Uber. "Avec Take Eat Easy, il y avait une concurrence saine et l’on agrandissait ensemble les parts de marché en initiant le Bruxellois à la livraison de repas. Nous étions tristes pour eux lorsqu’ils ont fait faillite. Évidemment, cela a eu un impact sur notre business puisque les cyclistes et les restaurants sont venus sonner à notre porte et que les clients ont naturellement trouvé le chemin de Deliveroo", résume Charles Van den Bogaert.

À l’entendre, la concurrence d’UberEats sera plus rude. "Cela reste sain car la concurrence nous pousse à innover, à améliorer les temps de livraison. Mais clairement on passe de la maternelle au secondaire. Uber, ce sont des milliards de fonds et une technologie encore plus large. Ce sera un peu la guerre puisque c’est un gros groupe américain rouleau compresseur et qu’on doit se défendre."

Charles Van den Bogaert reste persuadé qu’il y a de la place pour les deux acteurs à Bruxelles. "Dans la plupart des villes, il y a plus de concurrence qu’ici. Et le business model de Deliveroo fonctionne à partir de 80.000 habitants avec une certaine concentration. Cela va donc se jouer sur l’éducation des Bruxellois à la livraison. Dans d’autres villes internationales de la même taille que Bruxelles, on observe que le nombre de gens qui se connectent à l’application est beaucoup plus élevé", fait-il valoir.

Deliveroo entend développer trois pôles au cours de leur 2e année à Bruxelles. Il y a tout d’abord celui de la pause midi. "Un million de personnes vient travailler chaque jour à Bruxelles. On travaille donc très fort sur les bureaux", explique le directeur marketing qui annonce également la livraison de petits-déjeuners à partir de la semaine prochaine. "Nous commençons avec une dizaine d’établissements du centre, d’Ixelles et de St-Gilles comme Hinterland, Bocca Moka et quelques boulangeries sympas. Le Belge est encore très attaché au petit-déjeuner à la maison donc de nouveau, il y aura un travail d’éducation à réaliser."

Troisième pôle de croissance : l’alcool. "On a déjà signé avec des cocktails bar et des cavistes à Gand et Anvers et on est train de le faire à Bruxelles. On reste dans le secteur food mais on élargit les options. Lors d’un dîner entre amis, s’il manque une bouteille de vin, on pourra passer par Deliveroo !"

Alors que 30 % du territoire bruxellois n’est toujours pas couvert, Deliveroo joue la prudence. "Take Eat Easy livrait beaucoup plus loin mais c’est l’une des raisons pour lesquelles leur business model n’était peut-être pas aussi efficace. On ne veut pas prendre ces risques-là. Et c’est aussi volontaire de notre part pour conserver une qualité de service et de livraison. Mais ça viendra step by step. Cette semaine, la zone de livraison sera encore agrandie de 300 mètres sur les bords", annonce Charles Van den Bogaert.