Des anars crucifient Gesù

Guy Bernard Publié le - Mis à jour le

Bruxelles

Des squatteurs de l’église de la rue Royale multiplient batailles rangées, effractions et vols. Témoignage accablant

SAINT-JOSSE Des caddies dans son container; des larcins quotidiens; des agressions; etc. Depuis quelques mois, Cekic Gurkan, gérant du Carrefour franchisé du coin rue Royale/chaussée de Haecht en voit de toutes les couleurs. C’est vous dire s’il en a soupé des frasques des coupables d’en face.

“On doit aider les familles dans le besoin qui squattent l’église Gesù”, recadre d’emblée le Tennoodois de 34 ans qui, aujourd’hui, vit à Uccle mais s’investit tant et plus dans ce quartier en souffrance du Bota. “En novembre, j’ai encore monté du lait pur un nourrisson. Mais, parmi les occupants, il y a des clans. Dont des anarchistes.”

Les coupables ? Cette population d’anars parmi lesquels, à en croire diverses sources, certains ne dormiraient même pas dans le bâti délabré de la rue Royale. “Incroyable ce qu’ils font !”, s’exclame le boss d’un supermarché qu’il n’ose quitter. “C’est tous les jours, tous les jours…”

Fait d’arme majeur de ceux qu’il accuse ouvertement (“Il y a un nouveau clan, des Algériens. Pour eux, c’est l’Eldorado, ici : ils se foutent de tout !”)? Une rixe “au sabre” (!), dans la rue. “C’était il y a quatre ou cinq mois”, situe Cekic Gurkan. “Lors d’une prise de tête entre Roumains et anarchistes espagnols.”

De 10 % depuis six mois. Tel se chiffre, selon notre homme, la hausse des vols dans sa boutique – “Beaucoup d’alcool; parfois des caisses”. Dans ce contexte, il a fait installer le système télépolice. Dont coût : 1.700 € d’installation auxquels s’ajoutent des mensualités de 60 €. “Je me sens dans l’insécurité !”, confesse-t-il. “Un dimanche, un client de 80 ans s’est fait suivre du magasin jusque devant sa porte. Où il s’est fait tabasser. Depuis, quand on sait, on l’accompagne jusque chez lui.”

Notre commerçant du 179 rue Royale l’affirme haut et fort. Un : il ne veut en rien démolir Demannez, le bourgmestre. Même s’il proclame qu’une pétition ne servirait à rien. Deux : son objectif, à lui, c’est d’améliorer la qualité de vie du quartier – “Qu’il attire d’autres commerçants”. Au reste, il y possède sept biens; et travaille à l’ouverture, dès décembre 2012, d’un appart hôtel, juste au-dessus dudit Carrefour. “Le Rétro s’inspirera du Minerva qui exista en 1905.” C’est dire si Cekic Gurkan voit d’un très bon œil le 5 étoiles promis à Gesù; et le départ des “voyous”.



© La Dernière Heure 2012
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