Bruxelles C’est ce que la maman de Julien, noyé en 2011, réclame pour toutes les piscines.

Début novembre, La DH vous révélait le dramatique accident survenu à la piscine du Ceria à Anderlecht. Thomas, un étudiant de 19 ans, s’y est noyé en pleine séance d’entraînement pour une épreuve de sauvetage, malgré la présence de plusieurs maîtres-nageurs. Un cas malheureux qui a beaucoup touché Marie-Jeanne Dujardin. Et pour cause, son fils est mort quasi dans les mêmes circonstances, le 24 juin 2011 au SportOase de Leuven.

Le centre aquatique a été condamné en mai 2015 pour non-assistance à personne en danger mais a décidé de faire appel, notamment en raison du préjudice moral réclamé. Un montant n’excédant pourtant pas les 20.000 euros. À la veille du nouveau procès qui l’opposera au SportOase, le 29 novembre prochain, devant la cour d’appel de Bruxelles, la maman de Julien pousse un cri du cœur.

"Mon fils avait 18 ans. Les images des caméras de surveillance du complexe ont démontré que mon enfant entamait une longueur depuis la grande profondeur lorsqu’il a soudainement ralenti. Il est resté pendant 11 minutes sur le fond de la piscine en petite profondeur, jusqu’à ce qu’un autre nageur donne l’alerte. Mon fils ne présentait aucun problème de santé majeur. D’ailleurs, nous avons fait don de ses organes. Il a simplement été victime d’un malaise et personne n’est venu l’aider", s’exclame la maman, qui réclame dès lors un système de détection de noyade obligatoire dans toutes les piscines du pays.

"Ce n’est pas un combat. Je déteste ce mot d’ailleurs. C’est juste pour éviter à nouveau qu’une famille souffre comme moi j’ai souffert de la mort de mon enfant. On compte en moyenne plus de 40 noyades par an dans des piscines publiques en Belgique. Il est temps que les pouvoirs publics et les sociétés privées qui exploitent les piscines assument leurs responsabilités en matière de sécurité des usagers de ces bassins", estime Marie-Jeanne Dujardin, ajoutant que de nombreuses piscines bruxelloises ont déjà opté pour un système de détection de noyade.

"Il faut que cela devienne obligatoire. Un tel équipement alerte le personnel de surveillance 10 à 15 secondes après la détection d’une noyade. Cela aurait pu sauver la vie de mon fils. Un supplément de 15 centimes par entrée à la piscine suffit à combler l’investissement dans un tel outil qui a déjà permis, en Belgique, de sauver une trentaine de personnes de la noyade", conclut la maman.