Bruxelles

Seize logements verront le jour en 2011, rue d’Aerschot. L’artère la plus chaude de la capitale…

SCHAERBEEK Dans le cadre d’un contrat de quartier, Schaerbeek prévoit la création de nouveaux logements dans les six bâtiments qu’elle possède rue d’Aerschot. L’objectif est double. Tout d’abord, circonscrire la prostitution en installant des familles dans les immeubles situés sur les angles afin d’éviter que les bordels ne se répandent dans les rues perpendiculaires. Ensuite, développer une mixité de fonction via la création d’habitations, de cafés et d’autres commerces.

Pour le moment, seul un immeuble communal de cet axe est habité. Un des résidents explique que sa femme et lui n’ont pas eu le choix. Ils ont attendu sept ans une proposition de logement. Quand on leur a présenté un appartement au coin Aerschot/De Potter, ils n’étaient pas en mesure de décliner l’offre : “Nous habitions dans un endroit vraiment malsain. Avec notre bébé. Au moins, cet appartement-ci est vraiment bien à l’intérieur ”.

Mais le couple n’apprécie pas de vivre dans un tel quartier. Surtout la nuit : “C’est vraiment la galère ! Il y a trop de bruit et l’on ne parvient pas à dormir ”. Les nombreuses incivilités commises au quotidien par les clients des prostituées sont dures à supporter : “Ce n’est pas un quartier d’habitations. On ne peut pas mélanger la vie de famille avec ce qui se passe ici ”.

Leur fils de 5 ans a déjà demandé qui sont les femmes en bikini derrière leur vitrine. D’où leur crainte qu’il ne grandisse là : “Quand je vois des jeunes de 15-16 ans qui traînent dans cette rue, ça me fait mal au cœur ”, confie le père de famille.

À terme, la commune voudrait que la rue d’Aerschot ressemble aux quartiers chauds de Londres ou d’Amsterdam. Quant à la méthode pour y parvenir (loger des familles au milieu de maisons de passe), elle reste, malgré tout, assez douteuse...

Personne n’est obligé de s’installer là ! ”, explique Marc Weber, chef du cabinet de la bourgmestre f.f. de Schaerbeek, Cécile Jodogne (FDF). “Les demandeurs peuvent refuser un logement social une première fois s’ils énoncent des raisons claires. ” Mais lorsque des familles ont déjà attendu 5, 7 voire 10 ans pour un toit communal, elles n’osent parfois pas y renoncer.

Autre explication schaerbeekoise, le manque de logements : “C’est clair qu’il y a des endroits plus agréables à vivre. Mais à partir du moment où l’on doit créer de l’habitat, tout immeuble est bon à prendre …”



© La Dernière Heure 2011