Bruxelles

Jadis réquisitionnées par la Gestapo, les caves des 347, 453 et 510 avenue Louise ont fait l’objet, il y a depuis deux bonnes années, d’une journée d’études. Au cœur de la réflexion, des graffitis, des "gravures de fortune", des dessins au crayon gris, etc. Soit autant de témoignages uniques de cette période noire de l’Histoire. Des traces qu’il importait de préserver... Depuis hier, c’est chose faite.

Gravées qui à l’épingle, qui à l'aide d’ongles par de très nombreux juifs (dont l’actrice belge Suzy Falk) et opposants au régime nazi, torturés puis déportés lors de la Seconde Guerre mondiale, ces bouleversantes marques risquaient de disparaître. Ne fût-ce que parce que, depuis 40-45, ces immeubles en sont revenus à leur affectation première.

Alerté par les députées ixelloises Julie De Groote (CDH) et Viviane Teitelbaum (MR), le ministre président, Rudi Vervoort, avait pris conscience de l’urgence de la sauvegarde. Si ce n’est que le socialiste se heurtait à un refus catégorique des propriétaires des immeubles.

Hier, ce dernier a toutefois annoncé que les traces de barbarie des 347 et 453 de l’avenue Louise entreront de plain pied dans le patrimoine de la capitale. La procédure de classement d’être "immédiatement entamée"...

Sans surprise, Rudi Vervoort, chargé du Patrimoine, a commenté, de la façon suivante, la décision de son exécutif : "Ces caves comportent des traces d’une période de l’Histoire que nous ne pouvons absolument pas laisser disparaître, qu’il faut impérativement sauvegarder. J’estime qu’il est de notre devoir de mémoire de préserver et de protéger ce témoignage pour les générations futures." Une préservation qui, à ce stade-ci, n’inclut pas les graffitis du numéro 510...