Bruxelles

Plus de 5.000 jeunes ont suivi un stage First depuis 2013, et il y en a chaque année un peu plus.

Mohamed a presque 22 ans. En août, il a été engagé chez Auto 5, à Berchem-Sainte-Agathe, en CDI, après y avoir réalisé un stage de six mois. Il fait ainsi partie des 5.031 jeunes de moins de 30 ans qui ont pu bénéficier d’un stage First depuis 2013 et il représente l’exemple parfait que ce genre de stage porte ses fruits.

“À Bruxelles, notre principal défi est le niveau de qualification des chercheurs d’emploi. 66 % n’ont pas leur diplôme du secondaire. Il faut donc redoubler d’effort pour permettre aux plus jeunes d’entre eux d’acquérir une première expérience professionnelle et augmenter ainsi leurs compétences”, explique Didier Gosuin (Défi), ministre bruxellois de l’Économie et de l’emploi. Pour lui, le stage est une des meilleures manières de lancer les jeunes sur le marché de l’emploi.

En 2016, le ministre a assoupli les conditions d’accès à ces stages pour les moins de 30 ans : il faut minimum trois mois d’inscription en tant que demandeur d’emploi et les personnes exclues peuvent bénéficier d’un stage si elles sont inscrites chez Actiris. Le nombre de stages a presque doublé cette année-là, passant de 661 en 2014 à 1.226 en 2016. Rien qu'en 2018, jusqu’au mois d’août on comptait déjà 815 jeunes en stage.

Et les résultats sont plutôt prometteurs puisque deux tiers (65,7 %) des jeunes qui sont sortis des stages ont trouvé un emploi dans l’année qui a suivi. “Le stage est une formule win-win. Elle fonctionne pour le chercheur d’emploi en lui offrant l’opportunité de se confronter au monde du travail, d’acquérir des compétences, de retrouver un rythme de vie mais c'est aussi positif pour l’employeur”, souligne le ministre.

Encourager les entreprises bruxelloises à prendre des stagiaires

Chez Auto 5, depuis le début de la mesure, ils ont eu recours à 12 stages First parmi lesquels quatre stagiaires ont été engagés. Trois nouvelles demandes pour des nouveaux stages ont par ailleurs été introduites récemment. “Notre secteur trouve très peu de candidats, donc on recrute de toute façon des personnes qui ne sont pas formées et on leur apprend les différentes facettes du métier pendant plusieurs mois. Accepter un jeune non-qualifié en stage est positif pour nous. Non seulement les jeunes apportent une nouvelle énergie mais en plus cela a un impact d’un point de vue financier puisqu’on ne prend pas en charge l’entièreté de son salaire”, explique-t-on chez Auto 5.

Pour Mohamed, c’est aussi un win-win. “Quand je suis sorti de l’école, je n’avais pas d’expérience, et c’est rare que quelqu’un accepte un jeune directement. J’ai fait électromécanique et technicien auto à l’école donc j’ai tenté ma chance dans cette entreprise. L’école nous apprend la théorie mais les stages nous aident vraiment pour la pratique. Je le recommande à tous les jeunes qui veulent se faire de l’expérience. Il faut foncer. Moi cela m’a permis de trouver un CDI”, explique Mohamed.

En Région bruxelloise, on compte actuellement 1.123 employeurs différents pour les 5.031 stagiaires. Le ministre encourage donc les entreprises à une prise de conscience. “Si toutes les entreprises engageaient un stagiaire, il y aurait peut-être 100.000 jeunes qui décrocheraient un stage”, explique-t-il. Lorsqu’on sait que cette année, 3.800 jeunes sont sortis de l’enseignement obligatoire sans qualification, offrir des stages aux chercheurs d’emploi de moins de 30 ans semble une solution relativement facile à mettre en place pour améliorer leur situation.

80 % de ces stagiaires ont moins de 25 ans

Parmi les 5.031 stagiaires, 4.045 ont moins de 25 ans, soit un taux de 80,4 %. Parmi l’ensemble de ces demandeurs d’emploi, 83,8 % effectuent leur stage lors de leur première année d’inscription. De quoi réjouir le ministre qui se félicite de toucher ainsi son public cible. En ce qui concerne les domaines professionnels faisant appel aux stagiaires, il s’agit principalement des administrations, employés, secrétaires, etc (31,9 %), du commerce et support à la vente (16 %) et de l’horeca et l'alimentation (14,5 %).