Bruxelles Les indépendants qui s’installeront dans le futur centre commercial espèrent profiter de la présence des grandes enseignes.

À moins de cent jours de l’ouverture officielle de Docks Bruxsel, les commerçants commencent petit à petit à s’installer. Si les travaux sont encore loin d’être terminés, certains ont une idée bien claire de ce à quoi ressemblera leur future enseigne. C’est le cas de Christophe Dupont, qui ouvrira un café corner intitulé So Tasty. Un mix entre Exki est Starbucks mais à prix plus démocratique. Pour sa première implantation en Belgique, Christophe Dupont voit les choses en grand. "Un arbre de 5,20 m de hauteur sera installé dans le kiosque à café, ainsi que des troncs d’arbres au sol sur lesquels les clients pourront s’asseoir". Concept original et pour cause, chez So Tasty, boire un café et changer le monde sera possible. Les clients pourront choisir un Menu for change, pour lequel 25 centimes seront ajoutés à l’addition et ensuite investis dans des projets humanitaires locaux.

Changement d’univers dans le salon de coiffure Andy et Jeff. Ce salon de coiffure hommes, femmes et enfants disposera d’un coin barbier et à court terme, d’un bar à ongles dans un décor particulier. "Nous allons utiliser essentiellement du matériel de récupération et intégrer dans la construction du salon le passé industriel du site. Une partie des lampes par exemple seront en carton recyclé, explique Kate Lefèvre, déjà propriétaire de trois autres salons Andy et Jeff à Bruxelles. Ce salon sera très différent des autres au niveau architectural."

Les magasins de vêtements seront bien évidemment présents en nombre dans ce nouveau complexe commercial. Auprès de Zara, H&M et Bershka, Nabil Lahouari ouvrira sa propre boutique de textile, Sole. Précédemment située dans le centre-ville, l’enseigne avait dû fermer ses portes peu après la mise en place du piétonnier. Ici, vous trouverez des vêtements mêlant mode et sport. "Ça sera un magasin orienté lifestyle . L’idée, c’est que ce sont des vêtements que vous pouvez porter tous les jours, aussi bien pour faire du sport que pour aller faire vos courses. Nous vendrons des t-shirts et baskets mais aussi des montres des coques pour iPhone etc.

Aux côtés de So Tasty, Sole et Andy&Jeff, une vingtaine d’autres indépendants établiront leurs quartiers sur les 104 enseignes qui ont déjà signé. Un nombre qui semble pourtant dérisoire quand on sait que le shopping prônait une certaine mixité commerciale. Réaction de l’UCM à lire ci-contre.


Le compte à rebours est lancé

 Le 20 octobre 2016, Docks Bruxsel ouvrira officiellement ses portes, c’est-à-dire dans un peu moins de cent jours. Jusqu’ici, l’avancement des travaux est respecté. Il se situera sur le Boulevard Lambermont, le long des berges du Canal de Bruxelles. Mise à part les traditionnelles enseignes de textiles présentes, le complexe proposera aussi un grand nombre d’animations sur la place publique. Une salle de 1.500 places accueillera des manifestations culturelles, des salons ou encore des événements festifs ainsi qu’un cinéma de 8 salles. Cependant, la question se pose de savoir si ce méga centre commercial ne nuira pas aux commerces avoisinants. Antoine Bertrand, conseiller commerce à l’UCM, en est convaincu. "Ce n’est pas bon pour la diversité commerciale. Bruxelles se tire une balle dans le pied car l’emploi crée grâce à ces centres commerciaux (Docks Bruxsel et Neo) ne compensera pas l’emploi perdu dans le centre-ville. Si ces complexes voient le jour, cela induira une baisse de fréquentation ailleurs. En plus d’affecter les petits commerces existants, la réalisation de ces centres entraînera une concurrence et une perte de rentabilité encore plus fortes pour ceux déjà en place."


Antoine Bertrand, c onseiller économie à l’Ucm:  "Ils n’ont pas tenu leur promesse"

"Docks Bruxsel a été vendu comme allant être un centre commercial différent des autres, basé sur de l’artisanat, accessible aux petits commerçants mais on se rend compte aujourd’hui que les enseignes proposées sont principalement des multinationales comme on en trouve partout et peu d’indépendants. Ils n’ont pas tenu leur promesse. De plus, les locations de surface sont très élevées, ce qui rend l’installation difficile pour les petits indépendants."