Bruxelles Une réunion avec les partis de la majorité est organisée aujourd’hui afin d’implanter des salles de consommation en Région bruxelloise.

Proposer des seringues stérilisées gratuitement via des distributeurs est une chose. Offrir aux toxicomanes un endroit réglementé pour s’injecter en est une autre.

Concrètement, les salles de consommation à moindre risque sont des dispositifs permettant de créer du lien avec des personnes grandement précarisées, de les informer et de les sensibiliser à la réduction des risques liés à la consommation, ainsi que de leur prodiguer des premiers soins. Elles permettent de diminuer les infections et la propagation de virus et aident également à diminuer les nuisances publiques.

"Nous plaidons depuis de longues années pour la création de salles de consommation à moindre risque à Bruxelles mais une loi presque centenaire constitue un obstacle. En effet, les salles de consommation à moindre risque sont strictement interdites par une loi drogues datant de 1921", explique Bruno Valkeneers de l’ASBL Transit.

L’actuel gouvernement fédéral MR, N-VA, Open VLD, CD&V n’a pas l’intention de modifier la législation en vigueur, mais un moyen de modifier la loi de 1921 existe toutefois pour Bruxelles à travers ce que l’on appelle les compétences implicites. "Des techniques institutionnelles nous permettent, sous certaines conditions que nous remplissons, de modifier la loi de 1921 exclusivement pour Bruxelles. J’ai soumis un texte, rédigé avec le secteur, aux partis francophones et j’ai bon espoir d’obtenir un consensus à très court terme. Une réunion aura lieu ce vendredi avec les partis de la majorité", affirme Julien Uyttendaele (PS), député bruxellois.

On dénombre actuellement près de nonante salles de consommation à moindre risque en Europe, dont dans tous les pays limitrophes de la Belgique. Les Pays-Bas et l’Allemagne s’en sont dotées il y a déjà près de trente ans. Le Luxembourg et la France, plus récemment. "Les nombreuses évaluations scientifiques, comme celles de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, les reconnaissent comme constituant de bonnes pratiques", explique Bruno Valkeneers. "Je déplore la frilosité politique dans ce dossier d’autant que tous nos voisins ont légiféré dans ce sens."

A. F.