Bruxelles Environ 150 jeunes s’engagent dans différents secteurs pendant six mois.

Depuis plusieurs années, de nombreuses propositions de création d’un service citoyen ont été émises. Récemment, la Wallonie annonçait qu’elle allait bientôt se prononcer sur son projet de service citoyen. L’occasion de souligner qu’à Bruxelles, le service citoyen existe bel et bien et qu’il est financé à hauteur de 2,5 millions d’euros par la Région. "Nous l’avons inscrit dans la garantie jeune comme un instrument de formation", explique Didier Gosuin (Défi), ministre de l’Emploi. Résultat, il est inscrit dans un programme de formation et subventionné en tant que tel. En effet, la Région ne dispose pas des pouvoirs nécessaires pour aller plus loin dans l’implémentation de ce service à grande échelle, mais c’est un pas en avant.

Entre octobre 2016 et septembre 2017, 142 jeunes se sont engagés dans ce dispositif pour un minimum de six mois de service citoyen dans des institutions aussi diverses que l’aide aux personnes, la culture, l’éducation ou encore l’environnement. Paul fait partie de ces jeunes qui ont décidé de s’engager auprès de leur communauté.

"J’étais jardinier mais j’ai subi un accident de travail qui faisait que je ne pouvais plus travailler. Je suis resté sans travail pendant huit mois et j’en avais marre de ne rien faire. Je suis tombé un peu par hasard sur une affiche du service citoyen et j’ai décidé de m’engager", explique le jeune Bruxellois. Il avait 25 ans à l’époque, l’âge maximum pour pouvoir s’engager dans ce service civil réservé aux Bruxellois de 18 à 25 ans.

Il s’est retrouvé à travailler au Potelier des Pilifs, un ccentre de jour pour adultes en situation de handicap, dans la partie qui s’occupe notamment de cuisiner des confitures dans le but de les vendre. Il n’avait aucune expérience en tant qu’éducateur et pourtant, aujourd’hui, il y a décroché un CDI. "Cette expérience m’a permis de me rendre utile, arrêter de m’apitoyer sur moi et cela m’a fait mûrir. Je pense que c’est une opportunité pour les jeunes de découvrir des horizons auxquels ils n’auraient pas pensé", raconte-t-il.

Durant ses six mois de service citoyen, Paul a aussi bénéficié de différentes formations comme les techniques de communication non violente, notamment. Un défraiement d’un peu moins de 200 € par mois était aussi prévu, mais il souligne que cela n’est pas suffisant pour vivre.

Aujourd’hui, il s’engage encore auprès de la plateforme et souhaite que le service citoyen soit reconnu afin de permettre aux jeunes de gagner une rémunération plus importante afin qu’ils puissent s’y engager tout en continuant à subvenir à leurs besoins.

A la manoeuvre dans ce dossier dans le cadre de sa compétence Emploi au gouvernement bruxellois Didier Gosuin (Défi) n'est quant à lui pas pour un service civil obligatoire : "Je ne suis pas pour le service civil obligatoire parce que je pense que les jeunes sortent déjà de beaucoup d’obligations quand ils arrivent à ce stade de leur vie et qu’il faut leur donner la possibilité de faire des choix. C’est un bel outil et si on le rend obligatoire, certains vont y aller avec des pieds de plomb."