Bruxelles La Ville de Bruxelles ne souhaite pas se mettre en porte à faux avec les assurances.

Deux semaines après les émeutes qui ont éclaté dans le centre-ville à la suite du match de football opposant le Maroc à la Côte d’Ivoire, les commerçants vandalisés se trouvent toujours dans une situation critique. Les nombreuses vitrines cassées ont été protégées temporairement par des panneaux de bois. De quoi survivre le temps que les assurances et la Ville de Bruxelles leur viennent en aide financièrement. À l’heure actuelle, aucun euro ne leur a encore été versé.

"Plusieurs réunions ont eu lieu mais on attend toujours. C’est difficile car c’est très calme pour l’instant et peu de gens viennent dans le quartier. Si ce type d’événement se reproduit, je devrai fermer boutique", déplore Muhammad Ali, qui tient un night-shop boulevard Lemonnier.

Afin de pouvoir se faire rembourser, les commerçants doivent tout d’abord rentrer un dossier d’indemnisation avant le 15 décembre prochain, comprenant des copies des factures et autres documents administratifs. Si pour ceux qui disposent d’une assurance la situation devrait pouvoir se régulariser, les commerçants n’ayant pas souscrit à une assurance se retrouvent, quant à eux, au pied du mur.

Pourtant, le premier échevin Alain Courtois (MR) avait annoncé que la Ville de Bruxelles tenterait d’aider les commerçants non assurés. Dans les faits, cela s’avère finalement difficilement réalisable. "Nous avons recensé un ou deux cas de commerçants non assurés et nous allons voir au collège ce que nous allons faire car nous ne pouvons pas les laisser comme ça et engager la responsabilité de la Ville. Nous ne voulons pas non plus nous mettre en porte à faux avec les assurances. Il faut quand même être prudent juridiquement et faire attention à ce que certains ne profitent pas de la situation pour déclarer n’importe quoi comme frais", commente l’élu libéral.

La décision finale sera prise lors de la prochaine réunion du collège des bourgmestre et échevins, jeudi prochain. "Ce qui est sûr, c’est que les personnes qui ont réalisé les dégâts devront payer", assure Alain Courtois.

Du côté de l’échevine des Affaires économiques, Marion Lemesre (MR), on indique qu’un subside de plusieurs milliers d’euros devrait être mis en place pour couvrir les dépenses en urgence faites par les commerçants. "L’association des commerçants doit faire une liste de ce qu’ils ont dépensé pour sécuriser leur magasin et quand on aura reçu cette liste, on pourra envisager de verser le subside", indique le cabinet de l’échevine.

Le fédéral prendra en charge le paiement des franchises

Alors que la Ville de Bruxelles étudiait la possibilité de prendre en charge les franchises pour les commerçants qui introduisent un dossier de dédommagement auprès de leur assurance, c’est finalement le gouvernement fédéral, via le ministre des Indépendants Denis Ducarme (MR), qui s’en occupera. "Le ministre entend soutenir les commerçants victimes de ces émeutes par diverses mesures dont la prise en charge de la franchise de l’assurance incendie qui couvrent les dommages en cas d’émeutes, soit 241,5 €", indique son cabinet. En outre, le ministre des PME étudie la possibilité de report d’un an maximum des cotisations d’indépendants pour le quatrième trimestre de l’année 2017 mais aussi de regroupement des demandes de dispense de cotisations pour les commerçants touchés et ce, "afin d’avoir un traitement global et plus rapide".