Bruxelles

Que contient le document relatif à l’avenir du viaduc Reyers remis hier au ministre des Travaux publics, Pascal Smet (SPA) ? Les experts de Bruxelles Mobilité feront-ils pencher la balance en faveur de la démolition ou de la réhabilitation du viaduc ?

Officiellement, le ministre concerné ne livre, pour l’heure, aucun commentaire. "Nous devons d’abord analyser cette étude avant de communiquer", explique son cabinet.

Mais selon l’échevin de la Mobilité à Schaerbeek, Denis Grimberghs (CDH), c’est l’hypothèse de la démolition qui serait la plus sérieusement envisagée. "Ce qui était prisé au départ, c’était la réalisation de travaux de sécurisation permettant d’assurer la circulation sur une bande. Les gros travaux de rénovation auraient ainsi pu être réalisés plus tard. Mais ce qu’ils ont découvert concernant l’état du viaduc est catastrophique. Manifestement, il n’y a pas beaucoup d’ingénieurs prêts à signer pour une remise en service", explique l’édile.

Si le gouvernement bruxellois tranchait en faveur de la démolition, il faudrait compter environ huit à dix mois pour le démontage du viaduc et la mise en place d’un carrefour à feux provisoires. "Ensuite, on irait vers les permis pour un aménagement qualitatif de l’espace public. En tout, il faudrait compter trois ans", estime Denis Grimberghs.

L’autre élément qui permet de penser que le viaduc Reyers a désormais un pied dans la tombe, c’est que tous les acteurs politiques concernés semblent vouloir sa mort. À Schaerbeek, la majorité prône le réaménagement du viaduc en un boulevard urbain qui améliorerait la qualité des vie de ses riverains.

Du côté d’Evere et de Woluwe-Saint-Lambert, on se dit également favorable à la démolition même si de grandes craintes sont émises concernant les conséquences sur la mobilité.

"Les voitures venant du bois de la Cambre en direction de Meiser qui sortent à Montgomery pour ne pas prendre l’E 40 se retrouvent déjà bloquées dans les embouteillages jusqu’à Pétillon. À la rentrée, ce sera bien pire", déplore Olivier Maingain (FDF).

Selon le bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert, un plan de déviations sera insuffisant. "Il faut des mesures structurelles. Comme la capacité d’absorption du trafic sera limitée, il faudra renforcer d’autres modes de transport. Je pense notamment à la ligne de train 26 dont la fréquentation est faible. On pourrait développer l’intermodalité en augmen- tant la fréquence de cette ligne qui traverse Evere et Schaerbeek."

Il est clair également pour Denis Grimberghs qu’il faudra prendre des mesures fortes. "Une réunion avec les communes concernant les conséquences sur le trafic est prévue le 22 septembre. C’est un peu tard. Il faut éviter que la rentrée ne soit trop chaotique car cela fournirait un argument à ceux qui veulent maintenir le viaduc."