Bruxelles

Fabrizio Bucella, vice-président de l’ULB, a inscrit sa candidature dans la préservation du modèle

IXELLES Apprécié par les uns, détesté par d’autres, Fabrizio Bucella n’a jamais laissé indifférent et partout où il est passé, il a marqué les esprits. Président du Bureau des étudiants administrateurs et meneur des grèves des étudiants de l’ULB en 1994, il fut ensuite membre du CA de l’ULB, représentant des corps interfac et administratif, puis vice-président. Conseiller communal à Ixelles ayant aussi transité par différents cabinets ministériels (Arena, Demotte), il a souvent soulevé – voire déchaîné – les passions.

Que la campagne pour les élections du recteur puis du président du CA ait été particulièrement dure n’aura pas été pour déplaire à ce professeur de la faculté d’architecture. À la question de savoir s’il était élu, lundi prochain, au poste de président du conseil d’administration, comment il appréhenderait qu’un président du BEA ayant son caractère incite les étudiants à murer le bâtiment abritant le rectorat et la présidence, l’Ixellois ne cache pas qu’il apprécierait ce geste pour autant bien sûr que la revendication soit légitime. “J’ai toujours été aux côtés des étudiants et j’aime bien qu’ils se bougent.”

“Ce que je souhaite avant tout, c’est que l’on préserve le modèle des universités belges, loin des dérives managérales qu’on peut voir par exemple en Grande-Bretagne. Je crois qu’à ce titre, l’ULB est à la croisée des chemins. Il ne faut pas oublier que son CA est un pouvoir organisateur privé, son principal – sinon unique – interlocuteur, ce sont les pouvoirs publics.” Pour lui, cette préservation du modèle passe aussi par le maintien et le financement de filières peu fréquentées.

Quant à la nomination de Didier Viviers au poste de recteur, Fabrizio Bucella s’en réjouit : “C’est une chance pour notre institution d’avoir un tel leader en terme d’enseignement et de recherche. Le rôle de président sera de mettre en œuvre les idées et projets émis par le recteur”.

Pour Bucella, inscrire l’unif dans la ville et aux côtés des hautes écoles est aussi un projet. “Je crois que l’enjeu principal sera la formation des instituteurs et des régents; cela passera par la mastérisation de ces études. Est-il logique que quasiment le dernier enseignement de type court concerne celui qui conditionnera la formation des jeunes ?”



© La Dernière Heure 2011