Bruxelles

C’est l’alternative que de plus en plus de familles musulmanes trouvent pour conserver leur tradition.

Ce mardi 21 juillet marque la fête de l’Aïd el Kébir, une des plus importantes célébrations musulmanes. Sammy (nom d’emprunt) a 24 ans et vit à Ixelles. Comme chaque année, il célébrera l’Aïd pendant trois jours avec sa famille et ses amis. Très attachés à l’éternelle tradition de sacrifier un mouton, Sammy et ses proches vont faire ça dans une ferme à Mons… N’ayant pas ou peu d’alternatives en Région bruxelloise.

“Le règlement qui encadre la fête de l’Aïd à Bruxelles est de plus en plus strict”, raconte l’étudiant. “Ce qu’on fait, c’est qu’on va dans des fermes clandestines en périphérie, où le fermier accepte que ce soit mon père qui sacrifie le mouton.”

Pendant la fête de l’Aïd, la tradition veut que ce soit le chef de famille qui égorge le mouton. Pour Sammy, c’est important que ce rituel continue. “Je pense que comme on est de plus en plus restreint ici, nous irons le célébrer au Maroc l’année prochaine. C’est ce que de plus en plus de familles musulmanes font. La première tendance, quand on nous a dit qu’il n’y avait plus d’abattoir à Bruxelles, ça a été de trouver, comme nous, une ferme où on peut faire ça, dans le respect de la tradition et de notre religion. Mais comme il y a de plus en plus de restrictions, le mouvement suivant c’est d’aller dans nos pays d’origine pour le fêter en bonne et due forme”, explique-t-il.

Aujourd’hui, après la prière de 8h du matin, Sammy et son père sont partis en direction de la ferme où ils sacrifieront le mouton. “Nous nous y rendons depuis maintenant deux ans, on connaît les fermiers. Ils acceptent que ce soit mon père qui le fasse, il a l’habitude. Je sais que le grand débat aujourd’hui porte sur l’étourdissement ou non de l’animal avant de l’abattre. Ce débat va impliquer encore plus de règles, je le sens.”

Il y a quelques années, tout était encore permis. Sammy se souvient. “On ramenait le mouton chez nous, à Ixelles. On le descendait à la cave, et mon père l’abattait chez nous. C’est ce qu’on ferait si on fêtait ça au Maroc par exemple, là où les traditions ne se perdent pas.”

Le seul rituel que la famille de Sammy continue à pouvoir suivre à la lettre, c’est le partage du mouton. “Cette fête, c’est vraiment l’occasion de revoir la famille et les amis de longue date. On partage donc le mouton en trois, un tiers pour la famille, un tiers pour les voisins, et un tiers qu’on donne aux pauvres.”