Bruxelles

Le ministre de la Défense est favorable à une procédure d'expropriation qui permettrait à la Fédération Wallonie-Bruxelles de s'emparer de ce site remarquable, qui resterait dans le giron public.

L'avenir de l'abbaye de la Cambre a régulièrement fait la Une de l'actualité ces derniers mois. Pour rappel, l'Institut géographique national (IGN) déménagera durant le premier semestre 2019 pour s'installer dans les bâtiments de l'École Royale Militaire à Bruxelles, avec ses 190 employés.

Depuis l'annonce de ce déménagement, de nombreux investisseurs privés lorgnent sur les bâtiments implantés sur le site pour les transformer en appartements de luxe, en hôtel, restaurant, etc. Un intérêt qui est vu d'un très mauvais œil par de nombreux parlementaires, dont Gautier Calomne (MR), député fédéral qui a interpellé le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA) ce mercredi à la Chambre.

Pour rappel, en septembre dernier, André Flahaut (PS), ministre de la Fonction publique de la Fédération Wallonie-Bruxelles, avait manifesté son intérêt concernant le site classé de l'abbaye de la Cambre. "Notre objectif est d'installer une école dans les bâtiments qui s'y prêtent, mais aussi de construire un projet cohérent en concertation avec la Région bruxelloise. L'église voudrait récupérer l'ensemble du domaine, ce qui ne nous convient absolument pas. C'est pourquoi j'ai demandé à mon service juridique d'entamer une procédure d'expropriation de ce site par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour cause d'utilité publique", avait-il fait savoir.

Dans sa réponse formulée ce mercredi, le ministre de la Défense s'est montré favorable à cette proposition d'expropriation. "Une entrevue a eu lieu entre la Défense et la Fédération Wallonie-Bruxelles lors de laquelle le prix potentiel et le processus d'acquisition ont fait l'objet d'une discussion. Une expropriation à l'amiable ne pose, selon nous, pas de problème. Actuellement, pour la Défense, la Fédération Wallonie-Bruxelles est le seul interlocuteur", a commenté le ministre Vandeput.

Une réponse qui rassure Gautier Calomne. "Je me réjouis que le ministre de la Défense se montre ouvert à une procédure d'expropriation à l'amiable. In fine, la porte serait ainsi ouverte à un projet d'intérêt collectif qui soutient l'image de Bruxelles, par le prisme de l'enseignement supérieur. Toutefois, dans ce scénario, il conviendrait de veiller à assurer trois priorités essentielles. Primo, la réaffectation des lieux doit s'envisager dans un cadre mixte, permettant notamment l'usage des lieux pour d'autres fonctions. Je pense, par exemple, à des stages de coding pour les enfants des écoles primaires pendant les vacances, ou encore des ateliers de musique durant les soirées. Installer La Cambre n'est pas une fin en soi : il faut créer un véritable éco-système inclusif autour de ce pôle d'enseignement. Secundo, le processus d'achat doit également s'accompagner d'un projet de rénovation crédible des lieux. On ne doit plus s'aventurer dans une mauvaise saga urbanistique comme ce fut le cas pour le Pathé Palace ou encore le bâtiment de l'ISIB à la rue Royale. Enfin, tertio, il faut un calendrier réaliste et une concertation la plus large possible avec les citoyens et toutes les parties prenantes. C'était un engagement pris par l'ensemble des formations politiques et cette promesse doit être tenue", conclut-il.