Bruxelles

Le chauffeur Uber aurait frappé la cliente au visage. Plainte a été déposée.

Julie (nom d’emprunt) se souviendra longtemps de sa matinée du jeudi 7 décembre. Il est 9 h 30 lorsque cette Française prend un taxi à Uccle pour rallier la gare du Midi afin de prendre son train de 10 h 13.

“Elle était pressée et j’ai donc pris le chemin le plus rapide via l’altitude 100 à Forest, avant de me diriger vers la place de Rochefort, explique le taximan dans le procès verbal auquel nous avons eu accès. À ce moment précis, un véhicule Uber de marque Mercedes a fait descendre un enfant qui devait se rendre à l’école située juste à côté. Il était stationné en plein milieu de la rue et me bloquait donc le chemin. J’ai alors klaxonné pour qu’il me libère le chemin, ce qu’il n’a pas voulu faire.”

Selon le taximan, le conducteur Uber, âgé d’environ 25 ans, a alors commencé à zigzaguer avant de freiner sec juste devant lui. “J’ai failli emboutir son véhicule ! Il a alors ouvert sa fenêtre et est devenu verbalement agressif. Il est sorti de sa voiture et m’a menacé. Il a également sorti son GSM et a filmé ma plaque d’immatriculation et me menaçant de casser mon véhicule”.

Julie, elle, était en état de choc, ne comprenant pas ce qu’il se passait. “Je suis descendu de mon taxi pour lui demander de libérer le passager car ma cliente avait un train à prendre qu’elle ne pouvait pas rater. C’est là que la situation s’est envenimée”, poursuit le taximan.

À cet instant précis, Julie est descendue du véhicule pour demander au conducteur Uber de libérer le passage. Il a alors refusé et s’est, toujours selon les dires du taximan, montré très agressif. “Il a soudainement donné un coup-de-poing au niveau du nez de ma cliente. Ses lunettes sont cassées. Elle est blessée légèrement au niveau de son nez et est en état de choc. Pendant ce temps-là, une file de voiture se formait derrière nous et les personnes ont commencé à s’impatienter et à sortir de leurs voitures”.

Un motard de la police, témoin des faits, est rapidement intervenu. Quelques instants plus tard, deux patrouilles supplémentaires se rendaient sur place pour calmer la situation. Le conducteur du véhicule Uber a été menotté sur place. Tandis qu'une plainte a été déposée au sein du commissariat central de la zone de police Midi (Anderlecht, Forest, Saint-Gilles).

Sam Bouchat, membre du front commun des taxis bruxellois (Febet), déplore cette agression. “J’ai apporté assistance au chauffeur lors du dépôt de plainte au commissariat. On enregistre de plus en plus d’agressions envers les chauffeurs de taxis, et maintenant ce sont même les clients qui sont concernés ! Uber est illégal et c’est au ministre Smet de prendre ses responsabilités !”

Le parquet de Bruxelles a été avisé des faits par les services de police. "Le suspect a été privé de liberté, auditionné et puis relaxé. Il n’en demeure pas moins qu’information judiciaire est ouverte à sa charge pour de faits de coups et blessures sans incapacité de travail", explique Denis Goeman, porte-parole du parquet de Bruxelles.