Bruxelles "Malgré notre double vitrage, on ne s’entend même plus parler d’une pièce à l’autre de l’appartement"

Le retour du beau temps signifie souvent le retour des avions pour les communes du nord-ouest de Bruxelles. Ganshoren, Jette et Laeken sont concernées par le bruit intempestif des avions atterrissant sur la piste 07L qui a vu sa fréquentation augmenter ces dernières années.

"La journée, des avions passent au-dessus de notre appartement toutes les trois minutes environ. C’est vraiment usant ! Malgré notre double vitrage, on ne s’entend même plus parler d’une pièce à l’autre de l’appartement", déplore Laurent, un habitant de l’avenue Marie de Hongrie, à deux pas du Basilix. À cet endroit, les avions passent à une altitude de 300 mètres environ, juste au-dessus du bâtiment en face de chez Laurent qui fait près de 60 mètres de hauteur. Au-delà de leur qualité de vie qui se trouve fortement impactée, les habitants craignent aussi un accident.

Pour lutter contre le survol de Ganshoren par des avions, Lionel Van Damme (MR), conseiller communal, a introduit une motion proposant d’implanter un sonomètre sur le territoire de la commune. L’objectif ? Mesurer le bruit que font les avions et avoir la preuve, selon lui, qu’ils dépassent les 55 décibels autorisés en journée dans cette partie de la Région bruxelloise. Il a d’ailleurs bon espoir que sa requête sera acceptée par la Région puisque Jette et Laeken, notamment, en sont déjà munies.

Tout a commencé en 2015, lors de la rénovation d’une autre piste, la 01/19, située plus au sud. Les avions avaient été temporairement déviés vers la piste 07L. Mais malgré la fin des travaux, les avions ont continué d’y atterrir. Entre 2012 et 2016, le nombre d’atterrissages sur cette fameuse piste 07L a presque été multiplié par dix pour atteindre, en 2016, 4.189 atterrissages. Forcément, vu l’augmentation de la fréquentation ces dernières années, Laurent et sa compagne sont à bout. "L’année passée, dès qu’il faisait beau un week-end, on s’arrangeait pour ne pas être chez nous parce qu’on savait que ce serait insupportable", explique-t-il. Car qui dit beau temps dit vent d’est et donc utilisation de cette piste en particulier.

Pour Lionel Van Damme, l’installation d’un sonomètre permettrait de mesurer le bruit que font les avions au-dessus de Ganshoren et donc de défendre le cas des Ganshorenois dans le dossier du survol. Il invite d’ailleurs ses concitoyens à porter plainte afin de faire entendre leurs voix au même titre que les autres communes qui sont survolées mais bien plus actives pour défendre leur cause.

Hélène Ghilain