Bruxelles À peine née et San a déjà fait l’expérience de la discrimination, d’après ses parents.

En décembre dernier, San est née et vit depuis dans la commune de Ganshoren. En voulant l’inscrire dans une crèche pour le mois d’avril, ses parents ont dû essuyer un refus auquel ils ne s’attendaient pas.

"Les deux crèches communales francophones ont un système d’inscription très étonnant. Elles n’acceptent des enfants qu’en septembre et en janvier, pour se calquer sur les rentrées scolaires dans les écoles maternelles. Quand nous avons voulu inscrire notre fille pour avril, nous n’avons donc pas pu. Jusque-là, il n’y a pas de problème, je comprends le système, mais lorsqu’on a voulu inscrire notre enfant pour le mois de septembre, donc, on l’a aussi refusée car, ‘pour des raisons organisationnelles’, les crèches n’acceptent que les enfants de trois à six mois. Donc, en fonction du mois de naissance de l’enfant, certains ne pourront jamais avoir de place. C’est discriminatoire", s’insurge Pierre, le papa.

Cela entrerait donc en contradiction avec les principes de l’ONE (Office de la naissance et de l’enfance) qui stipule que "la procédure d’inscription doit être basée sur le principe général du traitement des demandes dans l’ordre chronologique de leur introduction, et ce afin de respecter au mieux le principe de l’égalité de traitement". Dans un courrier adressé à la commune, l’organisme lui demande de mettre en place un système qui puisse respecter la procédure.

Pourtant, l’échevine en charge de la Petite enfance, Karima Souiss (LB), dément formellement ces accusations. "On accueille les enfants tout au long de l’année selon la liste d’attente et sans tenir compte de la date de naissance. Mais il est vrai qu’il y a plus de départs en septembre et en janvier, et donc plus de places qui se libèrent. Ce qui est arrivé, c’est qu’il n’y avait pas de place dans le groupe correspondant à la catégorie d’âge de l’enfant au moment où ils ont voulu l’inscrire", explique-t-elle. Mais les parents de San déplorent ne jamais avoir eu d’explications de la part de l’échevine.

Au final, le bébé a pu avoir une place dans une crèche communale néerlandophone et les parents ont décidé de lancer une pétition, déjà signée par plus d’une centaine de Ganshorenois. D’une part pour réclamer plus de places dans les crèches communales et d’autre part afin de demander plus de transparence dans la manière dont les crèches fonctionnent et sur la place qu’ont les enfants sur la liste d’attente.

En ce qui concerne le nombre de places, un appel à projets est en préparation par la commune. Mais pour ce qui est de connaître sa place sur la liste d’attente, "c’est impossible, car nous avons un quota de places réservées pour les personnes en situation particulière et précaire."