Bruxelles Aux yeux des libéraux, l’audit approfondi du viaduc Herrmann-Debroux a trop tardé.

Sans surprise, la fermeture du viaduc Herrmann-Debroux figurait à l’ordre du jour de la commission Infrastructure du parlement bruxellois ce lundi. Des députés sont revenus sur de récents propos du ministre bruxellois de la Mobilité. La semaine passée, Pascal Smet (SPA) s’était voulu rassurant quant à l’état des ponts de la capitale en déclarant que ceux-ci ne sont pas en aussi mauvais état que le suggèrent certains.

"Pour avoir répondu cela moins d’une semaine avant la fermeture du viaduc, vous êtes soit un incompétent, soit un irresponsable, soit les deux à la fois. C’est quand même fort de café : le lundi, on se moque du parlementaire en disant que tout va bien et, quatre jours plus tard, il y a une menace grave sur un viaduc", s’est emporté le chef de groupe MR Vincent De Wolf, qui a rappelé que le gouvernement bruxellois avait sous-utilisé les budgets dédiés aux entretiens des infrastructures entre 2008 et 2015.

Ecolo a pour sa part souligné le développement de solutions alternatives en collaboration avec les autres entités du pays. "On voit enfin un début de réaction intelligente et c’est plutôt une bonne chose. C’est le moment ou jamais de songer à la démolition. Je n’ose imaginer que l’on soit prêt à dépenser des millions pour remettre en état un ouvrage que l’on parle de supprimer depuis des années. Envisagez-vous de mettre le turbo ?" a interrogé la députée Céline Delforge.

Pascal Smet est resté sur la ligne avancée par le gouvernement bruxellois ces derniers jours : la priorité reste la réouverture rapide de l’ouvrage d’art. "À terme, le viaduc, qui est un aspirateur à voitures, n’a plus sa place dans la vision urbaine du gouvernement. Des études sont en cours, mais cela ne peut pas se faire à l’improviste non plus. Certains pensent qu’il faut démolir et que les gens s’adapteront, mais le gouvernement préconise plutôt la mise en place de mesures d’accompagnement, comme une offre ferroviaire plus développée", a-t-il indiqué, précisant que la démolition n’aurait donc pas lieu durant cette législature.

D’autres mesures seraient également envisagées, comme le prolongement du métro au niveau du centre Adeps et du Rouge-Cloître, où un parking de dissuasion pourrait être construit pour les navetteurs.

En ce qui concerne les autres ponts relevant de la responsabilité de la Région bruxelloise, le ministre Smet n’exclut pas de mauvaises surprises. Comme déjà annoncé, un plan d’investissements pluriannuel pour les ponts bruxellois sera présenté au début du mois de novembre.