Bruxelles Le député bruxellois Ridouane Chahid (PS) plaide pour que l’on rase le viaduc Herrmann-Debroux.

Alors que la réouverture rapide du viaduc Herrmann-Debroux est la priorité du gouvernement bruxellois (PS-Défi-CDH-Open VLD-CD & V-SPA), le député régional et échevin de la mobilité à Evere Ridouane Chahid (PS) estime qu’il s’agit au contraire d’une occasion à ne pas rater pour revoir la mobilité dans la capitale.

Les signes de faiblesse du viaduc Herrmann-Debroux représentent, selon vous, une opportunité à saisir ?

"C’est une balle qu’il faut saisir au bond. D’autant plus qu’on observe maintenant une collaboration très positive et constructive entre les différents niveaux de pouvoir puisque les ministres des Transports, au Fédéral et à la Région wallonne, ont mis à disposition des trains et des parkings. On voit donc qu’il y a une possibilité de consensus lorsqu’une difficulté s’impose."

Vous êtes partisan d’une destruction ou plutôt d’un réaménagement du viaduc, en promenade verte par exemple ?

"Je suis favorable à la destruction du viaduc. On doit réfléchir à la reconversion de cet espace public dès maintenant. Une reconversion ne signifie pas que l’on rend l’accès en voiture impossible, mais que l’on rééquilibre les différents modes de transport : voitures, transports en commun et mobilité douce."

Ne faut-il pas plutôt mettre en place des solutions alternatives avant de songer à fermer un axe routier important ?

"Il faut enfoncer le clou qui est installé. Il faut faire un coup de force pour changer les mentalités. À partir du moment où une série d’acteurs politiques proposent de mettre en place une offre de mobilité alternative, on n’a pas le droit à l’hésitation, il faut foncer !"

On sent le gouvernement plus frileux que pour Reyers. La crise des tunnels est passée par là, et puis cela risque de coûter bien plus cher…

"Passer à côté de ce momentum serait une erreur politique. Le coût ne doit pas être l’élément décisif dans la suite qui sera donnée à ce dossier. Ce qui doit être décisif, c’est la politique de mobilité que l’on veut pour la Région bruxelloise et ses alentours. Si l’on ne réfléchit pas aujourd’hui à l’avenir d’une mobilité qui permet à l’ensemble des modes de transport de se côtoyer, on aura raté notre pari."

La crainte est de faire fuir de la capitale des acteurs économiques en rendant la circulation automobile difficile.

"Il faut en effet élargir la réflexion aux acteurs économiques pour mettre en place une alternative crédible. Notre devoir à tous est de faciliter l’accès des personnes qui viennent travailler à Bruxelles pour que celles-ci passent moins de temps sur leurs trajets et qu’elles soient moins stressées et plus performantes au travail. Les solutions doivent être structurelles : il faut renforcer les offres de transports en commun au niveau du fédéral et des régions. Il faut plus de trams sur la ligne 94, renforcer les métros, les lignes de bus, et plaider pour le covoiturage avec des itinéraires qui facilitent la vie des navetteurs."