Bruxelles

L'ancien ministre bruxellois s'est lâché dans une interview accordée au magazine de la Chambre de commerce de Bruxelles.

L'ancien ministre bruxellois et ex-recteur de l'ULB Hervé Hasquin a livré sa vision de Bruxelles au magazine de la Chambre de commerce - donc des entreprises bruxelloises affiliées - de la région capitale Bruxelles Métropole. Dans un franc parlé qui lui est propre, le libéral établi à Soignies confie en effet que Bruxelles l'insupporte de plus en plus.

"J'y ai résidé 35 ans et j'ai été ministre bruxellois de 1995 à 1999. En 1999, j'aurais pu être ministre-président (...) Un an avant les élections, j'ai eu une discussion avec Louis Michel, le président du parti à l'époque. Je lui avais dit : il y a 19 communes, 19 chefs de police, 19 règlements d'urbanisme... Il faut se poser la question de qui gère la ville. La région ou les communes ? Bruxelles oublie également qu'elle est la capitale du pays et qu'elle des obligations envers la Flandre et la Wallonie", commente-t-il dans Bruxelles Métropole avant de pointer la mobilité "désastreuse" par la faute "entre autres de Pascal Smet mais pas seulement. 

Autre problème mis en avant par Hervé Hasquin : la propreté. "Il y a un vrai laisser-aller, particulièrement au centre-ville. Il y a eu également des erreurs politiques, notamment autour du deal que je résumerais en "Je te donne le terrain de football et tu me laisses faire le piétonnier"... 

C'est néanmoins sur gouvernance que le propos d'Hervé Hasquin est le plus tranché. "A Bruxelles, il manque un préfet régional de police qui puisse superviser l'aspect sécurité et organisation. Je vais dire une chose qui va déplaire à certains de mes amis bourgmestres : 19 communes, ce n'est pas tenable. Je ne verserais pas de larmes s'il n'y avait qu'une seule région", assène-t-il tout en reconnaissant qu'il s'agit-là d'un vœu pieux.

"Les bourgeois d'Uccle n'ont pas voulu du métro, ni du périphérique"

 "C'est compliqué évidemment. 6 à 7% de néerlandophones résident à Bruxelles. C'est beaucoup moins qu'il y a vingt ans mais ils bénéficient d'une protection. C'est une bonne chose; les Bruxellois bénéficient de cette même protection. Pour toutes les matières régionales, il y a huit ministres. Le ministre-président est quant à lui asexué linguistiquement parlant. La décision se prend au consensus et si vous n'avez pas l'accord des néerlandophones, vous ne pouvez pas décider. Il suffirait qu'un ministre s'oppose pour que rien ne se fasse. Les Bruxellois doivent en être conscients."

S'il était ministre bruxellois, Hervé Hasquin développerait le métro. "J'aurais aimé construire une ligne de métro qui partirait de l'avenue Louise puis passerait au-dessous de l'avenue Louise et finirait vers Watermael-Boitsorft. Cela dégagerait tout un axe de la ville sans gêner l'environnement et sans casser de maisons. Les bourgeois d'Uccle n'ont pas voulu du métro, ni du périphérique. Je le regrette : Uccle devient une des communes les plus embouteillées et, a fortiori, la plus polluée de la ville."