Bruxelles Le bureau Acerta veut "réactiver une partie considérable de ces malades de longue durée".

En Région bruxelloise, l’absentéisme pour maladie de longue durée a augmenté de près de 27 % en quatre ans, dévoile le groupe spécialisé dans les ressources humaines Acerta sur base d’une analyse des données de ses 40.000 membres, dont 2.500 à Bruxelles. Au niveau national, l’augmentation atteint 20 %. "L’an passé, nous avons atteint un taux d’absentéisme de longue durée (plus d’un an, NdlR) de 2,34 %", commente la directrice du bureau bruxellois d’Acerta Anneleen De Neef.

Les raisons de cette hausse manifeste ? "C’est difficile à expliquer. On sait qu’il y a de plus en plus de burn-out mais cela n’explique pas tout. En fait, on ne sait pas", reconnaît Anneleen De Neef. La différence entre le secteur non marchand et le reste est par ailleurs flagrante. Chez le premier, le taux d’absentéisme de longue durée atteint 3,42 %; chez les autres il n’est que de 1,31 %.

Selon Acerta, la réglementation en matière de réinsertion, en vigueur depuis le 1er décembre 2016, permettra de réduire progressivement le nombre de cas de maladies de longue durée. "Mais allons-nous abandonner les actuels malades de longue durée alors que nous faisons face à une pénurie de main-d’œuvre sur le marché de l’emploi ? Il importe de pouvoir réactiver une partie considérable de ces malades de longue durée sur le marché de l’emploi."

Acerta a également analysé les malades de courte (lire ci-dessous) et moyenne durée. La part de malades de plus d’un mois et de moins d’un an (moyenne durée) reste relativement faible par rapport aux deux autres périodes : 1,47 % des heures ouvrables non prestées à Bruxelles. En additionnant ces trois périodes, le taux d’absentéisme global pour maladie frôle néanmoins les 6 %, remarque le bureau Acerta.

Les jeunes, rois de l'absentéisme au travail

Est-ce la gueule de bois du lundi ? Nul ne sait. Seul constat, surprenant : c’est entre 20 et 24 ans que l’on est le plus souvent malade, moins d’un mois (courte durée) à Bruxelles. Plus on avance en âge, moins on est malade, note Acerta, sans pour autant expliquer le phénomène. "En tous les cas, c’est spécifique à Bruxelles. En Flandre et en Wallonie, les pics d’absentéisme pour courte durée concernent surtout la catégorie des 30-40 ans", commente Anneleen De Neef, d’Acerta. En moyenne, le travailleur bruxellois est absent six jours sur une année. Sur ces quatre dernières années, cet absentéisme de courte durée a augmenté de 7 %, atteignant 2,15 % l’an passé. Contrairement aux malades de longue durée, Bruxelles s’en sort mieux que les deux autres régions. Notez enfin que les femmes sont plus souvent absentes que les hommes sur une courte période : 2,58 % contre 1,61 %.