Bruxelles

Dans dix ans, près de la moitié des généralistes bruxellois auront atteint l'âge de la retraite.

C'est en tout cas ce qui ressort d'une grande étude menée par la Région bruxelloise qui a décidé de dresser une cartographie précise de ses médecins généralistes. Le but? Savoir quel sont leur profil mais surtout où ils se trouvent dans la capitale et pourquoi. 

Ce lundi, les résultats de cette étude sont sortis et ils permettent de déterminer les quartiers qui sont actuellement en pénurie ou qui pourraient l'être dans le futur. Si des chiffres existaient déjà de manière plus globale au sujet du nombre de médecins à Bruxelles, la particularité de cette étude permet d'aller un pas plus loin, en analysant la situation quartier par quartier.

Le décompte des médecins se base sur la norme fédérale qui prévoit neuf médecins pour 10.000 habitants. Sur cette base, on arrive à déterminer si une zone est en pénurie ou non. Et les résultats sont plutôt encourageants puisqu'on arrive à la conclusion qu'il n'y a pas de pénurie de médecins à Bruxelles à l'heure actuelle. De manière générale du moins car il ressort de l'étude que certains quartiers sont bel et bien en pénurie.

Un fait particulièrement interpellant ressort cependant de ces nouvelles informations. Dans dix ans, près de la moitié (45%) des médecins généralistes bruxellois auront atteint l'âge de partir à la retraite. On parle donc de 486 médecins à trouver d'ici 2027. Seule petite inconnue: ce calcul se base sur le nombre de médecins et non sur le nombre d'équivalents temps-plein. 

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Et la tendance montre que les médecins âgés de 55 ans et plus travaillent généralement plus chaque jour que les jeunes médecins qui souhaitent un meilleur équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée. À médecin égal donc, on ne parle pas du même temps de travail et donc pas le même nombre de patient pris en charge. Ce chiffre de 486 médecins généralistes à trouver devra donc sans doute être revu à la hausse.

Didier Gosuin (Défi), charge de la politique de la Santé à la COCOM explique que la tendance sera analysée au fur et à mesure des années afin de suivre en temps réel l'évolution du nombre de généralistes à Bruxelles et ne pas arriver en 2027 face à une pénurie bien présente.

Pour attirer les médecins généralistes à Bruxelles, la diversité des besoins de ceux-ci ont été analysés. Des primes Impulseo existent déjà pour apporter une aide financière à l'installation, à la gestion de la pratique ou encore dans les coûts salariaux. Mais d'autres manques vont devoir être comblés. Notamment, 77% des répondants ont souligné la difficulté de trouver des locaux adaptés. Pour les aider dans ces démarches, un cadastre des potentiels espaces disponibles pour la médecine générale sera disponible dès 2019.

En outre, 92% des jeunes généralistes demandent aussi une plus grande collaboration et un échange entre les médecins. Pour les aider, le 1819, le service mis en place pour informer et orienter les créateurs d'entreprises va apporter un suivi aux médecins qui se lancent et qui n'ont aucune expérience en gestion comptable ou d'entreprise. D'autres pistes vont également être explorées comme un projet de parrainage ou encore un incubateur de médecine générale.

Finalement, un projet de gande campagne de promotion de la médecine générale est également sur les rails, afin de sensibiliser les 34% des Bruxellois qui ne font pas appel à cette première ligne de soins et qui n'ont pas de médecins généraliste attitré (contre 17% en Wallonie et en Flandre).