Bruxelles

Le syndicat SLFP estime que la réforme est trop lente.

La réforme structurelle du service d’Incendie et d’Aide Médicale Urgente de la Région de Bruxelles-Capitale (Siamu) est entrée en vigueur le 1er mars dernier. Depuis, les choses ne semblent pas avancer assez rapidement pour le syndicat SLFP qui craint pour l’avenir. “On nous promettait que tout irait mieux, mais là ça s’aggrave. Rien ne change fondamentalement”, raconte Eric Labourdette, président du secteur Zones de Secours du SLFP.

Le syndicat s’inquiète notamment de la non-nomination à l’heure actuelle du chef de corps effectif des Pompiers de Bruxelles. “Il y a 3 mois que le seul candidat est passé devant la commission de sélection et a été jugé apte. Le Gouvernement doit maintenant désigner le mandataire. Qu’est ce qui bloque ? Est-ce parce que les deux candidats, l’un comme chef de corps et l’autre comme commandant second, sont néerlandophones ?”, avance Eric Labourdette.

Du côté de la secrétaire d’État chargée de la Lutte contre l’Incendie et l’Aide médicale urgente Cécile Jodogne (Défi), on explique que la réforme qui est en cours d’exécution est un travail qui doit se faire selon les procédures : “C’est ma responsabilité. Dans ce processus aucune précipitation n’excuserait un vice de forme. On procède à des vérifications techniques et réglementaires avant approbation. Le Chef de corps faisant fonction Tanguy du bus de Warnaffe en est le garant et le soutien, sur le terrain aussi, et cela mérite respect. Le SIAMU n’est pas sans commande, comme le laisse penser le SLFP”.

Le déménagement de la centrale 100/112 du Siamu fait partie des autres points de crispation. La décision ne plaît pas du tout à la SLFP, mais pas seulement comme le détaille Eric Labourdette : “C’est la première fois en 30 ans ici que les 3 syndicats sont d’accord. C’est aussi l’avis des travailleurs. On ne veut pas être transférés là-bas. La police locale de Bruxelles-Capitale-Ixelles a refusé. Il n’y a pas d’aspects positifs car la police est notre interlocuteur principal. De plus, notre centrale à l’héliport fonctionne très bien. On dirait que l’on veut détricoter le Siamu. Je pense qu’ils n’ont pas réfléchi à ce qu’engendre ce changement en termes de coûts et d’accords avec les ministères fédéraux notamment”.

Cécile Jodogne explique quant à elle que le déménagement est prévu dans un but d’augmenter encore l’efficacité : “J’ai déjà évoqué à plusieurs reprises le fait que la gestion des événements du 22 mars 2016 au niveau du SIAMU a été à la hauteur. Les équipes sur le terrain comme les équipes à la caserne ont fourni un travail formidable, reconnu par tous. Mais, la coordination avec d’autres disciplines aurait sans doute été plus facile, voire plus efficace, si les différents centres d’appels s’étaient trouvés dans le même endroit. Et par même endroit, il faut entendre même bâtiment. Car il est bien prévu que les postes de travail du centre 100/112 et ceux du centre 101 se trouvent sur des plateaux séparés. À noter aussi que les opérateurs conservent leur statut actuel”.

L’équipement et le matériel des pompiers sont également pointés du doigt par la SLFP. Selon Eric Labourdette, la prudence exagérée, à présent, suite au rapport de la cour des comptes entraîne de gros problèmes quotidiens : “Les pompiers de Bruxelles manquent de tout depuis des mois, parfois de papier WC par exemple. Nos recrus travaillent avec des pantalons de soudeurs et reçoivent des t-shirts à prêter d’autres collègues. Pour certains, il n’y a même pas le logo des pompiers. C’est incroyable”.

La secrétaire d’État explique que : “Ces problèmes relèvent directement de l’administration. Les engagements prévus dans le plan de personnel ainsi que les nouvelles procédures mises en place devraient permettre de pallier au plus vite le problème”.